Heurts en Syrie – 111 civils tués lors d'un véritable «massacre»

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Heurts en Syrie111 civils tués lors d'un véritable «massacre»

La journée de mardi a été l'une des plus meurtrières depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad, dont la répression a fait plus de 5 000 morts, selon l'ONU.

Selon l'OSDH, 111 civils ont été tués mercredi par les forces de sécurité de Bachar Al-Assad.

Selon l'OSDH, 111 civils ont été tués mercredi par les forces de sécurité de Bachar Al-Assad.

AFP

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état mercredi d'un «massacre» commis la veille à Kafroueid, où 111 civils ont été tués par les forces de sécurité dans ce village situé dans la région de Jabal al-Zaouia, à plus de 330 km au nord de Damas. Cette association basée au Royaume-Uni avait indiqué mardi que «des dizaines de civils» y étaient encerclés par l'armée. Ce nouveau bilan porte à 123 le nombre de civils tués pour la journée de mardi en Syrie, 12 autres ayant péri sous les balles des forces de sécurité à Homs (centre), un haut lieu de la contestation, selon l'OSDH.

De violents combats entre l'armée régulière et des déserteurs ont en outre fait une centaine de morts et de blessés mardi parmi les militaires dissidents dans cette même province d'Idleb, proche de la frontière turque, selon l'OSDH. Ces affrontements meurtriers entre l'armée régulière et l'Armée syrienne libre (ASL) sont devenus quotidiens dans le pays depuis plusieurs semaines. Sur le plan diplomatique, le n°2 de la Ligue arabe, Ahmed Ben Helli, a annoncé mardi au Caire qu'une équipe dirigée par Samir Seif al-Yazal, assistant du secrétaire général, se rendrait à Damas jeudi.

Stopper immédiatement «la machine à tuer»

À Washington, Victoria Nuland, la porte-parole du département d'État, a fourni plus de détails sur le déploiement des observateurs arabes. «Ce que nous avons compris, c'est que la Ligue arabe veut commencer à déployer ses observateurs d'ici la fin de la semaine dans au moins dix endroits en Syrie», a-t-elle dit. Et que «lorsqu'elle aura fini ce déploiement», vers la mi-janvier selon elle, la Ligue «aura alors quelque 300 à 400 observateurs» en Syrie, a-t-elle ajouté, précisant que l'Union européenne fournirait «une aide technique».

Alors que le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait expliqué lundi que les observateurs pourraient «accéder aux points chauds mais pas aux points militaires sensibles», l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a appelé Damas à leur garantir «un accès total». À Ryad, le Conseil de coopération de Golfe (CCG) qui regroupe les six monarchies de la péninsule arabique, a demandé au gouvernement syrien de stopper immédiatement «la machine à tuer» et de libérer les détenus, «comme premier pas pour entamer l'application du protocole» sur l'envoi d'observateurs.

Ces observateurs doivent en effet être envoyés pour suivre l'application d'un plan de sortie de crise qui prévoit l'arrêt de la répression, la libération de personnes emprisonnées lors de manifestations et le retrait de l'armée des villes. L'assemblée générale de l'ONU a adopté lundi une résolution condamnant les violations des droits de l'Homme en Syrie et les 15 pays du Conseil de sécurité ont entamé des négociations sur un projet de résolution proposé par la Russie, qui condamne les violences «commises par toutes les parties».

Manœuvres militaires maritimes et aériennes

Alors que la pression internationale contre Damas ne cesse de croître, l'armée syrienne a procédé mardi à des manœuvres militaires maritimes et aériennes à tirs réels, les deuxièmes depuis le début du mois, pour tester ses capacités de combat face à «toute agression qui viserait le sol de la patrie», a affirmé l'agence officielle Sana.

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