Mobilité au Luxembourg – 46% de places assises en plus à l'horizon 2026

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Mobilité au Luxembourg46% de places assises en plus à l'horizon 2026

LUXEMBOURG - François Bausch, ministre de la Mobilité et des Travaux publics, a fait ce jeudi matin le point sur les travaux de la nouvelle ligne Luxembourg-Bettembourg.

La ligne Luxembourg-Bettembourg a depuis longtemps été identifiée comme un goulot d'étranglement du trafic ferroviaire au Grand-Duché.

La ligne Luxembourg-Bettembourg a depuis longtemps été identifiée comme un goulot d'étranglement du trafic ferroviaire au Grand-Duché.

L'essentiel/Vincent Lescaut

«Une fois la ligne terminée en 2026, le rail au Luxembourg connaîtra un saut de qualité énorme». Ce jeudi matin, François Bausch, ministre de la Mobilité et des Travaux publics et des membres de la direction générale des CFL ont fait le point sur les travaux de la nouvelle ligne ferroviaire Luxembourg-Bettembourg. Cette présentation s'est déroulée devant les députés de la commission Mobilité et des Travaux publics.

Ce projet d'envergure, fondamental pour la mobilité au Luxembourg, est lié à l'augmentation exponentielle du nombre de voyageurs observée au cours des deux dernières décennies (+85% entre 2003 et 2019). Le tronçon entre Luxembourg et Bettembourg, section fréquentée par des trains des lignes 60 (Luxembourg-Esch/Alzette-Rodange) et 90 (Luxembourg-Bettembourg-Thionville) ainsi que par des trains de marchandises, a depuis longtemps été identifié comme un «goulot d'étranglement».

«Réduire "l'effet domino"»

Pour bâtir leur stratégie, les CFL ont réalisé des analyses approfondies des horaires et roulements prévus ainsi que des simulations de l’exploitation de toutes les lignes, y compris celle reliant Luxembourg et Bettembourg. Ces analyses ont démontré la nécessité d'effectuer des travaux tant au niveau du réseau national que pour la nouvelle ligne concernée. Le but étant notamment de séparer physiquement l’exploitation des différentes lignes de trains à l’intérieur des gares, dont la principale à Luxembourg.

«La limitation des croisements entre les trains des différentes lignes lors de leur entrée ou sortie en gare permettra de réduire "l’effet domino", c'est-à-dire le report de retards des trains d’une ligne sur les trains d’une autre ligne. Un effet qui se manifeste surtout durant les heures de pointe dans des gares où plusieurs lignes sont simultanément exploitées», souligne le communiqué du gouvernement.

Une voie dédiée

Les principales gares du sillon nord-sud (Ettelbruck, Mersch, Luxembourg, Howald, Bettembourg, Rodange) seront transformées en «pôles d’échange», alors que le nombre de places assises va nettement progresser (+46% à l’horizon 2026). Pour que la nouvelle ligne Luxembourg-Bettembourg puisse fonctionner de façon optimale, des travaux au niveau de la partie sud de la gare de Luxembourg se poursuivront progressivement jusqu’en 2026.

À la fin des travaux, chaque ligne entrant ou sortant de la gare de Luxembourg disposera d’une voie dédiée pour limiter le report de retards de trains d’une ligne à une autre. Les travaux d’adaptation nécessaires ont été effectués au niveau de la partie nord en 2021. Les mêmes travaux pour la partie sud de la gare, y compris au niveau du triage, seront effectués progressivement à partir de 2022 et jusqu’en 2026.

La construction d’un quai et de deux voies supplémentaires dans la gare de Howald sera enfin nécessaire pour optimiser les flux des trains en direction ou en provenance de la gare de Luxembourg. Pour limiter les croisements des trains des lignes 90 et 60 avant leur entrée en gare de Luxembourg, ces trains seront exploités de manière indépendante au niveau de la gare de Howald. Le raccord des voies de la nouvelle ligne Luxembourg-Bettembourg à la gare de Luxembourg via le triage de la gare de Luxembourg est prévu pour fin 2026.


Où en sont les travaux?

L'ensemble des travaux préparatoires, comme par exemple le débroussaillage, le déplacement d’une ligne haute tension (220 kV) ou encore les fouilles archéologiques, ont été réalisés. Quatre des huit ouvrages d’art le long de la nouvelle ligne ont également été érigés. Deux des autres ouvrages restants sont en cours de réalisation, dont l’ouvrage d’art 14 qui se dresse le long de l’A3 (un des plus grands ponts ferroviaires du type «bow-string» en Europe). En parallèle, des travaux au niveau plateforme des voies ont progressé sur une grande partie du tracé de la nouvelle ligne, précise le ministère de la Mobilité et des Travaux publics.

(pp/L'essentiel)

Un planning chamboulé

Le planning initial du projet a dû être revu en raison de plusieurs facteurs. Parmi eux, l’acquisition de plus de 300 emprises n’a pu être achevée qu’au mois de juin 2021, retardant le début des travaux de construction sur le tronçon concerné. La mise en place d’un passage faune ou le besoin de revoir intégralement le concept de l’ouvrage d’art 14 - suite à un changement de réglementation concernant la sécurité sur les autoroutes - ont également retardé le projet. Sans compter l'épidémie de Covid, qui a entraîné, entre autres, une pénurie de matériaux.

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