À Shanghai, Lula relance la croisade contre le dollar et le FMI

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BRICSÀ Shanghai, Lula relance la croisade contre le dollar et le FMI

Le président brésilien, à l’origine de la réunion des pays dits BRICS lors de son premier mandat, entend s’appuyer sur cette alliance pour peser de tout son poids pour une diminution de la suprématie américaine sur l’économie mondiale.

Cette photo publiée par la présidence brésilienne montre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et l’ancienne présidente brésilienne (2011-2016) Dilma Rousseff se serrant la main après l’entrée en fonction de Rousseff en tant que nouveau président de la Nouvelle Banque de développement (NDB) à Shanghai, en Chine, le 13 avril 2023.

Cette photo publiée par la présidence brésilienne montre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et l’ancienne présidente brésilienne (2011-2016) Dilma Rousseff se serrant la main après l’entrée en fonction de Rousseff en tant que nouveau président de la Nouvelle Banque de développement (NDB) à Shanghai, en Chine, le 13 avril 2023.

Ricardo Stuckert/Brazilian Presidency/AFP

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a fortement critiqué le FMI, tout en remettant en cause l’utilisation du dollar américain pour les échanges commerciaux, jeudi à Shanghai, première étape de sa visite officielle en Chine.

New Development Bank

«Aucun dirigeant ne peut travailler avec le couteau sous la gorge parce qu’il est endetté», a déclaré l’ancien syndicaliste, accusant notamment le Fonds monétaire international (FMI) d’«asphyxier les économies de pays comme l’Argentine», voisin du Brésil avec lequel il entretient de bonnes relations avec son homologue de gauche Alberto Fernandez.

Lula, 77 ans, a tenu ces propos lors de l’intronisation de l’ex-présidente brésilienne Dilma Rousseff (2011-2016) à la tête de la banque des Brics, dont le siège est à Shanghai. Ce groupe de pays émergents qui réunit le Brésil, la Chine, l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud a été fondé en 2006, lors du premier passage de Lula à la présidence (2003-2010).

Le chef de l’État de la première économie d’Amérique latine a également déploré que le dollar américain soit encore utilisé pour la plupart des échanges internationaux.

Monnaies nationales

«Pourquoi tous les pays seraient obligés de faire leurs échanges en se basant sur le dollar? Qui a décidé que le dollar serait la monnaie (de référence)?» a lancé le président brésilien. «Aujourd’hui, un pays doit se procurer des dollars pour exporter alors qu’il pourrait le faire dans sa propre monnaie», a-t-il ajouté.

Fin mars, lors d’un forum économique regroupant plusieurs dizaines de patrons brésiliens en Chine, les deux pays ont noué un accord prévoyant que leurs échanges pourront être effectués dans leur propre monnaie, sans utiliser le dollar.

Deux banques – une de chaque pays - ont été désignées pour réaliser les opérations de change qui permettront à l’exportateur de recevoir dans sa monnaie un paiement fait par l’importateur dans sa devise d’origine.

Ce forum a eu lieu aux dates prévues initialement pour la visite de Lula, qui avait dû être reportée en raison d’une «pneumonie légère» dont souffrait le président brésilien.

L’ancien tourneur-fraiseur a affirmé jeudi que le Brésil était «de retour» sur la scène internationale, après l’isolement sous la présidence de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro. «L’époque où le Brésil était absent des grandes décisions mondiales est révolue. Nous sommes de retour sur la scène internationale après une absence inexplicable», a-t-il insisté.

Médiation du conflit ukrainien

À Shanghai, il a également rencontré le patron du premier constructeur de véhicules électriques BYD, avant de visiter un centre de recherche du géant de la high-tech Huawei. En octobre, BYD avait annoncé vouloir installer une usine à Bahia, dans le nord du Brésil. Le groupe chinois fabrique déjà dans ce pays des bus et voitures électriques pour le marché latino-américain.

Le Brésil est un marché important pour Huawei, qui y a trouvé une échappatoire après l’interdiction faite aux entreprises américaines de faire affaire avec lui.

Lula doit rencontrer son homologue Xi Jinping vendredi à Pékin et les deux hommes aborderont le conflit en Ukraine. Les deux pays ont en commun de n’avoir jamais imposé de sanctions financières à la Russie.

Lula espère jouer à nouveau le rôle de médiateur qui avait contribué aux accords nucléaires entre l’Iran et les États-Unis lors de son deuxième mandat (2007-2010). La Chine, elle, est sous une pression internationale croissante pour peser sur Moscou et l’amener à la table des négociations.

Xi invité au Brésil

Il s’agit de la quatrième visite officielle en Chine pour Lula, qui a entamé en janvier son troisième mandat, pour, avait-il dit lundi avant son départ, «renforcer» la relation du géant sud-américain avec le géant asiatique.

«Je vais inviter Xi Jinping à venir au Brésil pour une réunion bilatérale, pour lui faire découvrir le pays et lui montrer des projets pour lesquels des investissements chinois nous intéressent», avait-t-il ajouté.

Les échanges commerciaux entre le Brésil et la Chine ont atteint 150 milliards de dollars en 2022, avec 89,7 milliards de dollars exportés par les Brésiliens vers la Chine.

Avant de retourner à Brasilia, Lula se rendra samedi aux Émirats arabes unis, pour une visite officielle d’une journée.

(AFP)

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