ArcelorMittal taille les effectifs français

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ArcelorMittal taille les effectifs français

1400 des 6000 départs prévus par le géant de l'acier se feront en France. Un premier plan qui fait craindre de nouveaux dégraissages cette fois-ci dans les usines et les chaînes de production.

Le siège français du groupe à Saint-Denis.(AFP)

Le siège français du groupe à Saint-Denis.(AFP)

ArcelorMittal, qui emploie environ 28 000 personnes en France, table sur 1400 «départs volontaires» dans le pays. Comme pour l'ensemble du plan de restructuration annoncé jeudi dernier, ce sont les secteurs non productifs qui sont visés.

Les services ventes, généraux et administratifs emploient environ 6000 personnes en France, près d'un quart d'entre elles seront poussées vers la sortie. En Lorraine, les services administratifs de Florange et du centre de recherche de Maizières-lès-Metz sont concernés. Pour Edouard Martin, délégué CFDT de Florange, «ce ,n’est que le début». Les syndicats ne croient pas aux explications avancées par le groupe. Il leur a promis que la situation s’améliorerait début 2009 mais Edouard Martin, comme de nombreux de ses collègues pensent à un «dégraissage» qui irait au-delà des bureaux et des cols blancs et toucheraient les chaines de production et les ouvriers.

Départs volontaires

La direction d'ArcelorMittal France a insisté sur le caractère volontaire de ces départs, assurant qu'il n'y aurait pas de licenciements secs, sur le même principe qu'au Luxembourg. Les syndicats, eux, craignent des pressions exercées sur les volontaires. Mais le directeur général France, Daniel Soury-Lavergne, assure que le chiffre de 1400 départs est «une cible, et non une décision». Une cible à atteindre d'ici le printemps.

Pour cela, la direction veut discuter rapidement avec les cinq syndicats représentant le personnel des modalités pratiques de ce plan. Trois réunions sont prévues d'ici le 19décembre. Les syndicats européens restent opposés au plan de restructuration global. La Fédération européenne de la métallurgie (FEM) appelle à un rassemblement européen à Bruxelles le 17 décembre.

Ces 1 400 postes font partie des 9 000 que le groupe envisage de supprimer dans le monde, dont 6 000 en Europe et 400 au siège de Luxembourg. Les chiffres pour les autres pays européens devraient être connus avant le 19 décembre a promis la direction.

Linda Cortey

(avec afp)

Aurélie Filippetti s’indigne

La députée de Moselle a estimé lundi que la décision d'ArcelorMittal de supprimer 1 400 emplois en France «est un pur scandale quand on sait que la société s'apprête à faire entre 5 et 7 Milliards d'euros de bénéfices en 2008 dont 4,5 qui seront reversés aux actionnaires». «La crise frappe donc les salariés mais de toute évidence pas les actionnaires», écrit Mme Filippetti dans un communiqué. «Ce seront en tout plus de 2000 postes qui disparaîtront par la seule volonté de la direction d'ArcelorMittal. Celle-ci ne peut nous faire croire que la crise est la seule cause de ces licenciements, elle n'est qu'un alibi», poursuit la députée.

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