Au LuxembourgDepuis le Covid, de plus en plus d'ados se rendent chez les psychologues
LUXEMBOURG - Les enfants et les jeunes ont mal vécu la pandémie de Covid et ses restrictions. Le nombre de consultations chez un spécialiste augmente.


La pandémie de Covid-19 a modifié certains comportements.
AFP/IllustrationÉconomie, emploi et bien-être, la pandémie de Covid a complètement bouleversé la vie de millions de personnes. Et le confinement, cet isolement forcé pour limiter les contaminations, a eu un impact terrible sur les plus jeunes au Luxembourg. Une situation confirmée par l'Observatoire de la santé, qui a sorti fin janvier son premier rapport ciblant la santé des plus jeunes.
Une étude aux conclusions plutôt alarmantes. Durant la pandémie de 2021, un enfant sur six a dit avoir ressenti des émotions négatives et des inquiétudes. Des élèves du fondamental interrogés ont le plus souvent déclaré que l'absence d'école (68%), de relations avec les copains (86%), leurs enseignants (51%) et leur famille (80%) leur a manqué, selon une enquête Covid-Kids, reprise par l'Observatoire.

Ce sont surtout les jeunes filles de 12 à 16 ans qui ont le plus souffert. Elles ont été 74% à ressentir des inquiétudes fréquentes en 2021. Résultats, en 2024, ils sont de plus en plus nombreux à consulter un psychologue ou psychothérapeute dans le pays.
Des listes d'attente pour des rendez-vous
«Beaucoup viennent pour du stress, je remarque qu'ils sont plus inquiets qu'avant. Plusieurs jeunes que je suivais ont arrêté l'école malgré leur potentiel». Le psychothérapeute Sacha Bachim n'a jamais eu autant de jeunes dans son cabinet. Presque la moitié de sa clientèle est constituée d'adolescents.
Un cas de figure rencontré également par d'autres spécialistes comme Emmanuelle Becker, psychologue-clinicienne et Marianne Barthelemy Schomer, psychologue-psychothérapeute dans son cabinet: «on a des listes d'attente pour des rendez-vous dans 3-4 mois». «De nombreux noms sont surlignés en rouge dans mon agenda, ce sont des cas urgents, il n'y a pas assez de spécialistes», déplore cette dernière.
«Est-ce que les Russes peuvent venir jusqu'au Luxembourg?»
On se souvient tous de ces images marquantes des jeunes masqués en cours, ne pouvant pas s'approcher de leurs camarades. Un vrai traumatisme pour certains. Le confinement et l'usage amplifié des écrans durant ces périodes ont accentué leur sentiment de solitude. Si bien que des changements de comportement ont fait leur apparition chez les plus jeunes, a constaté Catherine Verdier, psychothérapeute et analyste. Après avoir été enfermés, «certains viennent me voir pour des troubles du sommeil, d'autres plus petits avaient des problèmes relationnels et ne savaient plus comment se comporter avec les autres. Ce qui a donné lieu à de nombreux cas de harcèlement».
Un mal-être qui semble lié au Covid, mais d'autres évènements viennent aujourd'hui mettre de l'huile sur le feu. «Après la crise sanitaire, il y a eu la guerre en Ukraine, l'inflation... Toutes ces actualités ont provoqué une sorte d'anxiété diffuse chez les jeunes, qui ont l'impression de ne plus avoir le contrôle sur leur vie et ressentent une angoisse existentielle par rapport au futur», évoque Marianne Barthelemy Schomer. «Un petit garçon de 7-8 ans s'inquiétait de savoir si les Russes pouvaient venir jusqu'au Luxembourg», ajoute Catherine Verdier, «les inquiétudes sont terribles chez les enfants».
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