Attentat en Tunisie – «Avant même de réaliser, on court déjà»

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Attentat en Tunisie«Avant même de réaliser, on court déjà»

Un Français présent sur la plage de Sousse, lors de l'attentat du 26 juin, s'est confié à «BFMTV». Il raconte le drame et le traumatisme qui en résulte.

Grégoire, 26 ans, était en vacances à Sousse quand le terroriste a ouvert le feu, tuant 38 personnes, le 26 juin. Le Français livre un témoignage poignant à BFMTV. Le jeune touriste est en train de terminer une partie de beach-volley quand Seifeddine Rezgui passe à l'acte. Il ne voit pas le tireur, mais entend «quatre détonations», qu'il prend d'abord pour des «pétards». Lorsqu'un cinquième coup retentit, Grégoire réalise qu'un drame est en train de se nouer.

«On comprend tout de suite, quand on est en Tunisie, qu'on se fait attaquer et que c'est un attentat. Avant même de réaliser, on court déjà, c'est la panique, tout le monde essaie de quitter la plage», raconte le Français. Grégoire s'enfuit à toutes jambes, tout en cherchant sa compagne du regard. Il entend les balles siffler, «passer à ma droite, à ma gauche, au-dessus, partout... on a l'impression qu'on nous jette un seau d'eau à la figure et qu'on n'est pas mouillé», explique-t-il. Le jeune touriste retrouve sa copine et ils courent se réfugier un court instant dans la cuisine située juste à côté de la plage.

«Quel est l'endroit le plus logique pour survivre?»

Le couple, qui comprend immédiatement qu'il a affaire à un attentat du groupe État islamique, passe de longues minutes caché à cet endroit. «Il continuait à tirer, on comprend clairement qu'il y a un massacre. Je n'arrivais plus à respirer du tout, comme quand on sort d'une apnée sous l'eau», se souvient Grégoire. Les deux Français décident de trouver une meilleure cachette. Ils prennent quelques secondes pour se demander «quel est l'endroit le plus logique pour survivre». Une fois l'hôtel atteint, c'est en tapant à toutes les portes que le couple trouve refuge chez une famille de Belges qui ignore tout de ce qui se passe.

Près de deux semaines après l'attentat, Grégoire a bien du mal à retrouver une vie normale. Il passe des nuits compliquées et son retour au travail s'avère difficile. «Mon amie a été hospitalisée car elle a fait une crise post-traumatique aiguë. On peut croire qu'on va bien parce qu'on n'a pas été touchés, mais en fait si, on va quand même à l'hôpital quelques jours après», conclut le Français.

(L'essentiel/joc)

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