Patrick Kersten«Beaucoup de politiciens se font maltraiter»
LUXEMBOURG - Patrick Kersten, le CEO de Vesperia, n'échangerait pour rien au monde sa place avec les hommes politiques.

Patrick Kersten, le CEO de Vesperia, est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine.
Editpress/HmontaiguVesperia, AtHome, Doctena, autant d’entreprises où Patrick Kersten a été impliqué de très près depuis le début de sa carrière. Serait-il tenté par une carrière politique? «Surtout pas», a-t-il affirmé sur nos ondes. «Je ne vais surtout pas aller dans cette direction-là, parce que je pense qu’il faut avoir le don de plaire et d’écouter. Et d’avoir une certaine diplomatie qui me manque. Et puis surtout, il faut prendre beaucoup sur soi. Je trouve que beaucoup de politiciens se font maltraiter par rapport à l’effort qu’ils font pour entrer dans ce métier. Beaucoup ont ça comme vocation et on leur rend assez mal, finalement».
Quelle est la manière de communiquer de Patrick Kersten. Quel est son réseau préféré? «Pour tout ce qui est professionnel, c’est LinkedIn», précise-t-il. «Je m’intéresse beaucoup à tout ce qui est santé digitale puisque j’y ai baigné assez longtemps et là, c’est sur Twitter. De temps en temps, pour mes amis, je leur fais un petit post via Facebook, mais assez peu finalement, j’y suis assez discret».
Patrick Kersten en quelques questions
Quelle couleur dans une boîte de crayons?
Les couleurs, j’aime bien avoir une couleur à la fois. Je ne suis pas très multi-tasking, donc plutôt l’une après l’autre. Lorsque j’étais chez AtHome, initialement, on a lancé le site en vert flashy à tel point qu’un prospect m’a dit un jour qu’il serait client le jour où on ne serait plus en vert, donc on est passé au rouge. Doctena, c’était tout en bleu et je suis très dans le projet, alors je vais le vivre à fond, et c’est la couleur qui sera dominante pendant quelques temps avant de passer à la prochaine.
Mon rapport à l’argent?
J’aime beaucoup la citation de l’humoriste français Smaïn que l’on voit un peu moins en ce moment. «L’argent, ça va, ça vient, mais quand ça vient, ça va».
Revivre un moment de ma vie?
J’aime beaucoup aller de l’avant et pas trop regarder en arrière. Par contre, il y a des moments exquis dans la vie familiale qu’on aime se remémorer.
Une collection?
Oui, au niveau des BD. Je suis bédéphile. Je suis tombé dedans enfant, avec «Tintin», et chaque enfant de la famille avait sa série. En étudiant à Bruxelles, là, je suis tombé dedans et entre temps, ça tapisse des murs. J’ai une application pour gérer mes séries pour être sûr que je ne vais pas rater la suite. J’essaie de rester informé par rapport à ce qui sort, car c’est un milieu qui a explosé, aussi, les 20 dernières années. Il y a de très très bonnes choses et la culture de la BD francophone est unique au monde et n’existe pas de la même manière aux Etats-Unis, ou même en Allemagne ou dans les autres pays européens. C’est un délice et il faut vraiment y passer du temps.
Réécoutez la séquence du vendredi 29 janvier 2021
CEO de Vesperia, Patrick Kersten a pour ambition d’aider les start-up à trouver les talents IT dont elles ont besoin pour grandir. Après avoir lancé AtHome et Doctena, le Luxembourg ne va-t-il pas devenir trop petit pour Patrick Kersten? «Avec Doctena, j’ai eu l’occasion de bien voyager», dit-il, «on a commencé à Luxembourg en 2013 et puis, deux ou trois ans plus tard, nous avons ouvert d’autres marchés pour finalement être actifs dans le Benelux et en Allemagne, en Suisse et en Autriche. Cela m’a fait beaucoup voyager et durant cette période, je passais deux à trois jours dans de grandes villes européennes. Récemment, une connaissance située à Zurich m’a indiqué qu'il était trop génial de prendre un rendez-vous médical avec Doctena».
«L’idée de Doctena», poursuit Patrick Kersten, «c’est de remplacer le téléphone via son écran de smartphone et deux
ou trois clics. En 2020, avec le Covid, la première vague était assez impressionnante, car les agendas des médecins qui n’avaient plus le droit de consulter leurs patients, de les faire venir en cabinet médical, se sont vidés jusqu’à 95%. Donc, on a vu une très grosse vague d’annulation de rendez-vous. Et en parallèle, on a réussi à lancer la vidéo-consultation. On a donc eu la vague inverse de médecins qui ont proposé la vidéo-consultation, qui pendant quelques semaines, a remplacé la consultation de visu, pour après, évoluer vers un juste équilibre entre les deux. Même s'il est vrai que l’auscultation physique est préférée par les médecins, aujourd’hui».
Dans sa carrière, Patrick Kersten a-t-il lancé des sociétés moins importantes qui lui ont permis de passer à l’étage supérieur? «Comme tout entrepreneur, j’ai créé des sociétés que j’ai dû liquider à la fin», reconnaît-il, «car, ça ne marchait pas, contrairement à celles qui ont connu le succès. Ce sont à chaque fois, des apprentissages. Les Anglais parlent de «learning-money» et en bon entrepreneur entêté, je travaille bien sûr pour le futur. Dans ma tête, après Vesperia, je sais qu’il y aura d’autres projets mais pour l’instant, j’accompagne les équipes pour trouver les start-up ou les entreprises à la recherche de talents pour mener leurs projets digitaux. Mais bien sûr, je serai bientôt de retour avec de nouveaux projets».
Patrick Kersten en quelques questions
Faut-il parler fort pour être entendu?
Pas forcément. Il faut parler juste. Il faut dire les choses telles qu’elles sont et trouver le ton qui va exprimer la vérité, sans toutefois blesser les autres.
La chose que j’aime le moins dans la nature humaine?
Je déteste les gens qui voient le verre à moitié vide, au lieu de regarder les opportunités. Chaque journée est un cadeau et une opportunité de faire quelque chose de bien.
Mon premier bébé en tant qu’entrepreneur?
J’ai eu la chance, après les études, d’avoir plusieurs copains de promo qui, très rapidement, se sont lancés et de pouvoir les rejoindre. On a lancé plusieurs choses ensemble dont un projet qui était un premier site d’emploi qui en 2000, a été racheté par Monster. J’ai eu la chance de pouvoir y contribuer et mon collègue qui était en avait la charge a continué en devenant le responsable-pays chez Monster. A l’époque, ils ont coupé l’équipe en deux. Et ce fut une grande fierté de pouvoir contribuer au succès de ce projet.
Réécoutez la séquence du jeudi 28 janvier 2021
Aujourd’hui CEO de Vesperia, mais aussi fondateur de «AtHome.Lu», Patrick Kersten indique que ce site immobilier fêtera bientôt ses 20 ans. «On avait lancé ce site au tout début de l’année 2001», se rappelle-t-il. «Il faut imaginer qu’il y a 20 ans, les annonces immobilières, c’était au niveau du «print». Le journal L’essentiel n’existait pas, d’ailleurs par la suite AtHome a eu un partenariat avec L’essentiel, avec une page pleine dans le print durant une très longue période pour montrer une sélection de biens immobiliers qui étaient sur le site».
«Dans le Luxemburger Wort, il y avait des pages et des pages, aujourd’hui, il y en a un peu moins », souligne Patrick Kersten. «Ce journal avait un monopole et il facturait bien leurs espaces, mais il y avait un désavantage: la grande majorité des annonceurs y allait pour trois lignes de texte. Alors, en lançant un site Internet, s'est ouverte la possibilité d’illustrer un bien immobilier avec un texte illimité et surtout des photos.
«Le succès fut immédiat à un moment très bizarre, parce que fin 2000, explose la bulle Internet», se rappelle encore Patrick Kersten. «Pour ceux qui s’en souviennent, grosse spéculation aux Etats-Unis, des business models qui reçoivent de l’argent sans fin, juste avec un power-point et quelques écrans pour montrer ce que cela pourrait être, mais sans calcul derrière pour vraiment gagner de l’argent et tout ça explose fin 2000. Et début 2001, on se dit qu’on va lancer un nouveau service. Ce qui nous a sauvés, c’est que plus personne ne voulait investir en bourse, l’immobilier devenait une valeur refuge. Et donc tout à coup, trouver de l’immobilier, c’était le créneau où il fallait être».
«Début 2021, il y a un chiffre qui m’a surpris: c’est le 0,14% », souligne Patrick Kersten sur nos ondes. « C’est le poids du Luxembourg au niveau des habitants de l’Europe. C’est donc le nombre de vaccins auxquels on a droit par rapport au Covid-19. Il faut imaginer que «AtHome.Lu», au niveau de la constellation de Murdoch, c’était tout petit aussi ».
Réécoutez la séquence du mercredi 27 janvier 2021
Patrick Kersten en quelques questions
Mon premier job?
Ma première expérience avec le monde de l’emploi, c’était en tant qu’étudiant, car dès mes 16 ans, je voulais gagner un peu d’argent. Et j’avais la chance d’habiter pas très loin de l’ancien siège des assurances «Foyer». Pour ceux qui s’en souviennent, c’était un bâtiment qui avait la forme du logo au Kirchberg. Ils m’avaient pris pour un job de vacances où je commençais à 6h du matin. J’y allais à vélo et j’imprimais des cartes vertes d’assurance qui, depuis début 2021, sont devenues blanches.
Avec mon premier salaire?
Je ne me souviens pas du tout. Je ne suis pas du tout flambeur, alors j’ai sûrement laissé mon premier salaire sur mon compte. A l’époque, je me demandais de combien de salaires j’aurais besoin pour m’acheter un ordinateur. A l’époque, les ordinateurs, c’était quand même très, très cher. Le prix, c’était presque le même qu’aujourd’hui, alors que c’était il y a 20 ans.
Mais qui êtes-vous?
Je suis luxembourgeois d’origine belge et j’ai grandi à Luxembourg avec un papa belge et une maman luxembourgeoise.
Un endroit sympa pour voyager?
Il y a plein d’endroits à voir et depuis que notre fils est en âge de nous accompagner pour des voyages plus lointains, on en fait. Un des voyages les plus mémorables, c’est l’Islande. C’est tout simplement une nature et une grandeur qui n’existent pas à Luxembourg. La force de la nature est absolument magnifique. Et c’est très cher aussi.
Un mot pour me définir? L’action.
Réécoutez la séquence du mardi 26 janvier 2021
Fondateur du site Internet AtHome.Lu, le n°1 de l'immobilier au Luxembourg et en Grande Région, Patrick Kersten, est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. Il est également derrière le site Internet Doctena, mais aussi le CEO de Vesperia, mais de quoi s'agit-il? «Pour une fois dans mes projets, j'avais envie de faire autre chose», a-t-il indiqué au micro de L'essentiel Radio. «Je suis effectivement plus connu du grand public au niveau de l'immobilier ou pour prendre rendez-vous avec son médecin et dans les deux projets, j'ai réalisé que c'était devenu des succès, car j'avais une très bonne équipe derrière moi. Sans équipe, ça ne marche pas, et notamment de très bons informaticiens».
«Avec Vesperia et ce nouveau projet», poursuit Patrick Kersten, «ce que je veux faire, c'est aider les start-up ou les entreprises qui se lancent dans le digital et qui veulent faire quelque chose pour leurs clients, à avoir les bonnes équipes au niveau de l'informatique, derrière eux. On va essayer de trouver les meilleurs et mon discours auprès des informaticiens, c'est "si vous voulez un super job, venez discuter avec nous, on va vous trouver les missions les plus chouettes qui existent à Luxembourg" et on a une antenne à Paris qui est centralisée sur les grands médias, comme France TV ou M6. Notre expertise, c'est de trouver les talents qui vont digitaliser les médias ou les start-up Internet».
Mais comment fait-il pour recruter ces talents? «On va faire la promotion des missions que nos clients recherchent, sans dire qui c'est, car il y a une certaine discrétion à respecter», indique tout d'abord Patrick Kersten, «mais de temps en temps, il y a aussi des gens qui ont le profil parfait et compte tenu de leurs expériences, on va vérifier si une mission peut les intéresser. Il y a des gens qui ont des jobs qui sont bien payés et qui sont contents là où ils sont, mais ce n'est pas exactement ce qu'ils recherchent. Donner du sens à leur travail est quelque chose de très important. Au niveau des grands secteurs qui font vivre, ici à Luxembourg, c'est possible, il y a des start-up fin-tech qui sont hyper spécialisées et où l'activité est passionnante. Et en même temps, il y a en plein qui sont totalement inconnues à Luxembourg, car elles ont leurs clients à l'étranger. On va donc essayer de faire connaître ces projets-là pour que les candidats voient quelles sont les opportunités qui malheureusement sont plus discrètes».
Réécoutez la séquence du lundi 25 janvier 2020
La playlist de Patrick Kersten
Chris Rea et son titre «The Road To Hell» intègrent en premier lieu la playlist de Patrick Kersten. «C'est la musique avec laquelle j'ai grandi», souligne-t-il, «et cette musique n'existera plus au temps de Spotify, car ce sont des musiques avec de très longues introductions. Le groupe U2 faisait des intros à neuf minutes. C'est impossible aujourd'hui lorsque vous avez 30 secondes pour juger d'un morceau».
«Bad News», de Moon Martin, sorti en 1981, est le deuxième titre de la playlist de Patrick Kersten. «Cela remonte à une autre époque», concède le patron de Vesperia. «C’est un de ces artistes qui a fait un morceau et qui a disparu. Et quel morceau!».
Etienne Daho et Dani et leur duo sur «Comme un boomerang» arrivent en troisième position dans la liste musicale de Patrick Kersten. «Parce que ce sont des voix exceptionnelles», dit-il. «Toutes les deux voix et les deux ensemble, c’est un résultat phénoménal».
Comme tant d’autres avant lui, Patrick Kersten à intégrer le groupe Queen avec le titre « Don’t stop me now » à sa playlist. «Ce n’est que de l’énergie positive », souligne-t-il. «C’est ce qu’il faut faire de sa vie et de son job. Toujours avec le plaisir».
(Frédéric Lambert/L'essentiel)
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