Polémique en Espagne«Bientôt, porter une minijupe sera un délit»
Un reportage diffusé mardi sur la télévision publique espagnole, soulignant le danger pour les jeunes filles de porter des jupes trop courtes, a suscité mercredi une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux.

Le reportage a suscité la polémique en Espagne.
«L'été approche et beaucoup d'adolescents vont voir leur corps changer. Les parents sont inquiets des habits qu'ils vont porter, comme des minijupes très courtes ou des pantalons qui tombent trop bas», explique la présentatrice du journal de TVE de la mi-journée, avant de lancer le reportage, tourné dans un atelier de formation pour «apprendre aux parents comment affronter cette nouvelle situation». Dans cet atelier, une psychologue conseille aux parents de mettre leurs enfants devant un miroir pour leur faire comprendre que l'image qu'ils transmettent est importante. Une mère de deux adolescentes déclare notamment que ses filles «n'ont peut-être pas conscience qu'elles provoquent (avec leurs tenues), mais peut-être que ceux qui les voient se disent qu'elles sont en train de provoquer».
L'opposition socialiste a réagi dans un communiqué, qualifiant le reportage de «rance, dépassé et de mauvaise qualité»: la télévision publique «veut nous imposer sa morale et nous ramener à l'époque du No-Do», le journal d'informations qui était diffusé pendant la dictature franquiste, a estimé le porte-parole du groupe socialiste au sein de la commission de contrôle de TVE, Juan Luis Gordo.
Appel à la démission
Sur Twitter, les protestations ont été nombreuses, certains soulignant qu'il est «très maladroit de lier vêtements et provocation, c'est un message qui culpabilise les femmes», d'autres se montrant plus en colère: «Ils vont me dire quoi porter? Une BURKA?», «dans quelques mois, porter une minijupe sera un délit», «la direction de TVE doit démissionner MAINTENANT pour bousiller la télévision publique, en essayant d'imposer une morale rétrograde et ultraconservatrice».
L'audiovisuel public espagnol avait été marqué à l'été 2012 par le limogeage retentissant de certaines de ses figures les plus célèbres, créant un malaise chez les journalistes qui craignent une remise au pas de la télévision et de la radio publiques par le gouvernement de droite.
(L'essentiel Online/AFP)