Aide alimentaireBruxelles tente de venir en aide aux plus pauvres
La Commission européenne a fait lundi une proposition pour débloquer le dossier de l'aide alimentaire de l'UE aux pauvres. L'absence de compromis pourrait affecter 18 millions de personnes.

Si aucun accord n'est trouvé pour modifier le plan d'aide alimentaire aux plus démunis, quelque 18 millions de personnes en Europe seront concernées.
AFP«J'aurais la possibilité de vous annoncer plus tard de bonnes nouvelles», a déclaré lundi, à Luxembourg, le commissaire chargé des Affaires sociales, Laszlo Andor, en marge d'une réunion des ministres européens de l'Emploi et des Affaires sociales où le sujet est à l'ordre du jour. Pour ce faire la Commission a élaboré une nouvelle proposition qui, si elle débouche sur un accord de principe, permettra de maintenir à son niveau actuel le Programme européen d'aide aux démunis (PEAD), a précisé le porte-parole en charge de l'Agriculture, Roger Waite.
Bruxelles propose d'ajouter un nouveau fondement légal au PEAD, à savoir l'objectif de «renforcer la cohésion sociale de l'Europe», afin de surmonter les objections de la Cour européenne de justice qui avait estimé en avril qu'il s'était éloigné de son objectif initial de fournir un débouché aux stocks d'excédents agricoles. Bruxelles propose également que le programme reste à 100% financé par le budget européen. «J'espère que nous pourrons conclure aujourd'hui», a déclaré M. Andor.
M. Andor s'est dit confiant que cette nouvelle proposition soit à même de convaincre les récalcitrants et ainsi «d'éviter des coupes drastiques dans les ressources des organisations qui apportent de l'aide alimentaire aux personnes démunies». Se disant «consterné par le blocage sur ce dossier, qui plus est en ces temps de crise économique», son collègue chargé de l'Agriculture, Dacian Ciolos, a appelé les gouvernements à «prendre leurs responsabilités à l'égard des millions de personnes démunies qui attendent cette décision avant la période hivernale». «L'argent est disponible», a précisé le commissaire roumain. «Il peut être débloqué si nous parvenons à un accord politique».
Au Luxembourg, cette aide concerne quelque 1 300 personnes pour un montant global de 107 000 euros, selon les chiffres 2011 fournis par le ministère de l'Agriculture. Si aucun accord n'est trouvé au niveau européen, le Grand-Duché ne bénéficiera d'une aide de 47 463 euros qu'en 2012.
(Jmh/L'essentiel Online)
Programme européen d'aide aux démunis (PEAD)
Le PEAD avait été lancé en 1987 sous l'impulsion du président de la Commission européenne de l'époque, Jacques Delors, à la suite de l'appel du fondateur des «Restos du Cœur», l'humoriste français Coluche, en utilisant les excédents agricoles européens. Mais ce programme, dont bénéficient quelque 18 millions de personnes, risque de passer de 480 millions d'euros cette année à 113,5 millions d'euros en 2012, du fait des objections de la Cour européenne.
Celle-ci a jugé que ce programme avait été dénaturé au fil des ans, car les excédents agricoles qui l'alimentaient ont pratiquement disparu, au point d'être supplantés ces dernières années par des achats massifs de nourriture, financés par la Politique agricole commune (PAC). À la dernière réunion des ministres européens de l'Agriculture, six États - l'Allemagne, le Royaume-Uni, la République tchèque, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas - avaient repris les arguments de la Cour pour s'opposer à la poursuite en l'état du programme, estimant qu'il relevait de la politique sociale des États et non du budget européen.