Séisme au NépalCe cliché viral ne raconte pas ce que vous croyez
La photo d'un enfant serrant contre lui sa petite soeur circule sur le web. Une image forte, censée illustrer le drame au Népal. Mais l'histoire est archifausse.

L'auteur de cette photo a fini par renoncer à rétablir la vérité.
Na-Son NguyenElle fait le tour du web depuis quelques jours et émeut les internautes en un clic. Sur les réseaux sociaux, cette photo d'un garçonnet étreignant sa petite soeur est omniprésente et illustre le drame que vivent les Népalais depuis le séisme du 25 avril. Seulement voilà, ce cliché n'a pas été réalisé au Népal et il date de 2007, expliquent plusieurs médias belges relayés par le site 7 sur 7.
A chaque drame, le cliché refait surface sur internet, comme l'a illustré le quotidien «De Morgen» sur Twitter. Il a servi à illustrer les situations au Vietnam, en Syrie ou encore au Tibet et a permis aux personnes qui l'ont publiée de récolter un maximum de «like».
Le véritable auteur de ce cliché émouvant est un photographe vietnamien nommé Na-Son Nguyen. Il a pris cette photo dans la province de Ha Giang. Les deux enfants immortalisés n'étaient en aucun cas des orphelins, et leurs parents étaient partis travailler. Quand l'homme s'est approché d'eux pour les photographier, la petite fille a pris peur. «Elle s'est mise à pleurer et son grand frère l'a agrippée pour la consoler. C'était un moment si mignon que j'ai pris une photo», a-t-il raconté. Le Vietnamien a été dépassé par les événements après avoir publié son cliché sur le web.
«Des amis m'ont averti il y a trois ans que des pages Facebook vietnamiennes utilisaient ma photo pour récolter plus de «like». Avec une histoire dramatique inventée. (...) Plus tard, j'ai remarqué que des pages d'autres pays reprenaient ma photo également. Tout à coup, c'étaient des orphelins de Birmanie, des enfants de la guerre en Syrie, etc», a écrit le photographe à «De Morgen». Le Vietnamien, qui a l'impression de se battre contre des moulins à vent, «essaie de temps en temps de rectifier les informations erronées». Il craint surtout que l'image soit utilisée à de mauvaises fins. Mais le combat de ce collaborateur de l'agence AP est vain et il a fini par renoncer.
(L'essentiel/joc)