«Ce projet est né d'une rencontre»
Le dessinateur hispano-japonais JM Ken Niimura sort son premier album. «Je tue des géants» a été scénarisé par l’Américain Joe Kelly.
L'essentiel: Quelle est donc cette petite fille, aux oreilles de lapin, qui tue des géants?
JM Ken Niimura: C'est une jeune lycéenne américaine qui a l'air un peu toquée. Mais en fait, elle a un don. Elle reconnaît les géants, ces êtres maléfiques qui détruisent tout sur leur passage, et elle est capable de les tuer.
Qu’est-ce qui t’a plu dans l’histoire de cette ado qui vit un peu dans son monde?
Joe Kelly a écrit une histoire solide, pleine de sensibilité et de pudeur. Barbara est certes dotée d’une forte personnalité, mais elle nous donne accès à un monde intérieur d’une grande richesse.
Comment as-tu rencontré Joe Kelly?
Au festival de BD de Getxo, à Bilbao, où nous dédicacions côte à côte. Nous avons fait connaissance. Je lui ai passé la dernière BD que j’avais faite et quelque temps plus tard, il m’a envoyé un e-mail en me proposant ce projet.
As-tu pu apporter ta patte au scénario?
Le scénario de Joe était déjà écrit, mais pas découpé. On a donc pu discuter sur la longueur de la BD. On a décidé de la diviser en chapitres pour pouvoir la publier au format comics américain, par chapitres de 24 planches.
Est-ce simple de travailler à distance avec un scénariste américain?
La façon de travailler américaine, c’est que le scénariste envoie son script au dessinateur. Celui-ci réalise les planches, puis le scénariste retravaille parfois les dialogues par rapport au rythme des pages. Sur presque toutes les planches, il y a eu ce va-et-vient.
Avec Joe Kelly, vous vendez vous-même les droits de votre travail aux éditeurs de chaque pays. Pourquoi?
Comme nous sommes en contact directement avec chaque éditeur, on peut alors discuter de tous les détails du projet: couverture, design, traduction… Cela permet d'obtenir un livre le plus proche possible de notre idée de départ.
Le noir et blanc, c’était le choix de qui?
Le mien! J'avais envie de travailler en noir et blanc.
Recueilli par Denis Berche