Accidents de la route«Ce qui se passe sur nos routes est regrettable»
LUXEMBOURG - Depuis le début de l'année, pas moins de 26 personnes ont perdu la vie sur les routes du Grand-Duché, dont cinq motards en l'espace d'un mois et demi. Retour sur un phénomène qui inquiète.

L'année 2013 pourrait bien être l'une des plus mauvaises années depuis 10 ans en matière de nombre de morts sur la route. Avec 26 décès enregistrés depuis le début de l'année, selon les relevés effectués par L'essentiel Online, dont cinq motards depuis le mois de juillet, le bilan s'annonce lourd. Soit 34% des victimes de la route. À titre de comparaison, 34 personnes avaient officiellement trouvé la mort sur l'ensemble de 2012. Une situation qui inquiète, même si police et gouvernement refusent de commenter ces chiffres non encore officiels.
«Ce qui se passe sur nos routes est absolument regrettable, notamment en ce qui concerne les motards, indique Dany Frank, porte-parole du ministère des Infrastructures, contactée lundi par L'essentiel Online. Nous devons continuer notre travail de prévention sur cette catégorie spécifique d'usagers de la route, qu'ils soient issus du Grand-Duché ou qu'ils viennent de l'étranger. L'une des pistes de réflexion concerne l'éventualité de faire passer notre message de prudence à l'international et de renforcer les messages de prévention sur ces usagers vulnérables de la route.»
Alternance entre prévention et répression
Un phénomène loin d'être nouveau mais qui prend, cette année, une ampleur particulière. «Il faut prendre en compte plusieurs critères pour expliquer la mortalité des motards et faire la part des choses entre l'erreur de pilotage individuelle et l'implication dans une collision avec un autre véhicule, assure Vic Reuter, porte-parole de la police. D'une part la tentation naturelle à rouler vite, tentation liée au faux sentiment de liberté propre à l'été et d'autre part les particularités de la conduite d'un deux-roues qui est totalement différente de celle d'une voiture. Des éléments qui relèvent à la fois de mesures politiques, policières et éducatives.»
Alors que la sécurité routière plaide pour une prise de conscience de l'ensemble des usagers de la route, police et gouvernement poursuivent les dispositifs mis en place depuis plusieurs années: prévention et répression. Un cocktail qui a porté ses fruits puisqu'en 10 ans, le nombre général de morts sur les routes a baissé de moitié. Côté prévention, le groupe de travail motocycliste du ministère des Infrastructures se réunira après la mi-septembre pour tirer le bilan de l'été pour les motards. Côté répression, la police mène quotidiennement des contrôles sur l'ensemble du territoire pour conserver l'effet «peur du gendarme».
(Jmh/L'essentiel Online)
L'AVR publie un livre blanc
Suite à notre article, l'Association nationale des victimes de la route a adressé, lundi matin, un livre blanc «à destination des futurs responsables politiques», leur demandant de répondre à 15 doléances. Cet avis demande notamment à «protéger davantage les usagers vulnérables», à prendre en charge les traumatismes à long terme, et de diminuer le nombre de tués sur les routes en adaptant les directives européennes en ce sens. Selon l'AVR, pendant la dernière période législative, les accidents de la route ont fait 200 morts et 2000 blessés, dont 800 graves, au Luxembourg. Le coût des accidents est estimé à 2% du PIB du pays.