Shailene Woodley«Ce qu’on pense de moi, je m’en fous»
À 28 ans, Shailene Woodley s’est affirmée. Elle refuse désormais que les patrons des studios hollywoodiens lui dictent ses choix.

Entourée de Nicole Kidman, Reese Witherspoon et Zoë Kravitz notamment, l’actrice américaine incarne Jane, une jeune maman célibataire qui est au cœur de l’intrigue de la série «Big Little Lies». À voir dès le 25 août 2020 sur TF1.
Sans dévoiler l’intrigue de la série, votre personnage vit un véritable traumatisme secret qu’il essaie de surmonter au fil de la série. Quelle est votre approche de cette situation?
Un traumatisme est quelque chose d’individuel, car personne ne réagit de la même manière face à un drame. L’horreur qu’a connue Jane dans «Big Little Lies» et la manière dont ce groupe de filles tente de faire face à ce secret sont assez exemplaires de notre société. On essaie de cacher ces drames au lieu d’en parler.
Incarner une mère dans la série vous a-t-il donné envie d’avoir des enfants?
Pas vraiment. J’adore jouer une maman devant les caméras, car il y a un avantage majeur: le jeune qui joue Ziggy retourne vers ses vrais parents à la fin de la journée de tournage.
Jane est la seule qui doit se battre financièrement au milieu de ce groupe de femmes riches. Avez-vous également connu cela?
Voilà un autre problème de nos sociétés: on veut obtenir tout ce que l’on ne possède pas. Cela fait partie du conditionnement de la société capitaliste et les réseaux sociaux ne font rien pour aider. On voit des gens qui ont la richesse, la jeunesse, la beauté et on veut leur ressembler. À 20 ans, j’étais obsédée par la perception que l’on pouvait avoir de moi. Plus les années passent et plus je m’en détache.
De quelle manière se manifeste votre confiance en vous?
Ma façon de m’habiller en est l’exemple le plus concret. Ado, j’adorais traîner dans les friperies puis sortir la machine à coudre et refaire des tenues à ma taille. J’essayais de m’inventer un style. Avec le succès, les patrons des studios de Hollywood ont commencé à m’imposer des stylistes qui me faisaient porter des robes de couturiers et qui changeaient mon look avec des coiffeurs et des maquilleurs. Il m’a fallu m’affirmer il y a deux ans en exigeant d’être la seule à choisir. Aujourd’hui, ce qu’on pense de moi, je m’en fous.
(L'essentiel/Henry Arnaud, Los Angeles)