Tokyo 2021Charles Grethen sur les traces de Josy Barthel
Auteur d'un incroyable record national en demi-finale, le Luxembourgeois va disputer la finale du 1500 m, une première depuis 1952 et la victoire de son illustre aîné Josy Barthel.

N'ayons pas peur des mots: en accédant à une insoupconnée finale du 1500 m (samedi à 13h40 heure de Luxembourg), Charles Grethen (29 ans) est entré dans l'histoire. Arrivé à Tokyo dans le costume d'invité surprise, il va disputer une finale olympique du 1500 m, près de 70 ans après Josy Barthel.
Pour mesurer la portée de son exploit, il faut revenir en arrière. À l'été 2019, déjà, quand il décide de se faire opérer du tendon d'Achille à un an du début supposé des Jeux de Tokyo. Éloigné des tartans pendant un an et demi, il profite du report des Jeux pour se refaire une santé.
La forme de sa vie
Entre les infrastructures modernes du LIHPS (Luxembourg Institute for High Performance in Sports) et un stage en altitude en Afrique du Sud, Il prépare lentement son retour. Un retour fracassant en janvier 2021, au meeting de Liévin, où il améliore son record en salle (3'42"64). Un début d'année qui augure un été incroyable.
Les courses s'enchaînent et les chronos s'abaissent à mesure que le temps passe. Nouveau record national en salle à la Coque en 3'38"65 en février, puis nouveau record outdoor à Ostrava en mai (3’36’’75). Il est dans la forme de sa vie. Une forme qui lui permet de se frayer un chemin pour Tokyo grâce au nouveau système de classement mondial. Une surprise. Plus que ça, une récompense.
Peut-il ramener une médaille au Luxembourg?
En se qualifiant pour la finale du 1500 m, Charles Grethen a surpris tout le monde, mais il a surtout pulvérisé son record national de manière exceptionnelle (3'32"86). Plus de quatre secondes gagnées en deux mois, là où certains athlètes mettent plusieurs années à grappiller une ou deux secondes sur la distance. Dès lors, que peut-on espérer de cette finale? Si onze des treize finalistes ont réalisé leur record personnel cette année, le prodige norvégien Jakob Ingebrigtsen et le Kenyan Timothy Cheriuyot semblent intouchables.
En l'absence d'autres grands noms de la distance comme l'Américain Centrowitz, le Polonais Lewandowski ou encore l'Algérien Makhloufi, Charles Grethen, s'il tient la corde d'une course lente, pourrait rester au contact des meilleurs et profiter de sa vitesse de base pour enflammer le dernier 400.
On se souvient que la finale de Rio s'était courue en 3'50"00... Un rythme de sénateurs. Reste à savoir comment Grethen aura récupére physiquement, mais également mentalement. En 1952 à Helsinki, Josy Barthel (25 ans à l'époque) avait créé la surprise en amenant au Luxembourg sa première et unique médaille d'or olympique.
Loin d'être passée inaperçue, sa performance a été largement saluée au pays, mais également au-delà des frontières. En témoignent les encouragements du journaliste de la télé belge, de son club français de Nancy, où il est également licencié et des nombreux autres messages d'athlètes luxembourgeois.
«Je vous remercie pour vos messages, faire une finale olympique, c'est juste surréaliste», s'est-il exprimé sur sa page Instagram. Quel que soit le résultat, ces Jeux seront une réussite pour le natif de Tuntange, qui a illuminé la quinzaine luxembourgeoise.

(yb/L'essentiel)