Attentat de NiceColère autour du dernier numéro de «Paris Match»
Le parquet de Paris a réclamé jeudi, le retrait en urgence du dernier numéro du magazine contenant des images de la vidéosurveillance de l'attentat de Nice, du 14 juillet 2016.

Le ministère public «demande au tribunal d'ordonner le retrait de la vente» du magazine et «l'interdiction de diffusion sous tous formats, notamment numérique», de ce numéro qui suscite la colère des victimes et de leurs proches, a indiqué le parquet de Paris. La justice examinera cette requête à 13h.
«Informés hier (NDLR: mercredi) de la publication de Paris Match, nous avons immédiatement ouvert une enquête pour violation du secret de l'instruction et recel» de ce délit, a ajouté le parquet de Paris. La Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) et l'association Promenade des anges, qui rassemble les proches des victimes de l'attentat de Nice au camion-bélier, dont le chauffeur a été tué par la police, avaient demandé mercredi au parquet de Paris d'intervenir. «Ces captures d'écran, publiées sans précaution aucune, portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches» et sont publiées «uniquement pour faire du sensationnel» et «créer une atmosphère morbide et voyeuriste», estiment les associations.
«Souci de compréhension des événements»
Christian Estrosi, le maire de Nice, a également critiqué la publication d'images «insoutenables et abjectes», «qui ne manquera pas de raviver la douleur des familles». «Notre rédaction a voulu rendre hommage aux victimes en allant à leur rencontre un an après, dans un devoir de mémoire, pour que la société n'oublie pas», s'est défendu Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match, dans un communiqué mercredi soir.
«Quant aux photos du camion cette nuit-là, largement publiées et relayées par nos confrères depuis un an, et encore ces jours-ci dans des émissions de télévision à grande audience, il s'agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité», a-t-il expliqué, invoquant une publication par «souci de compréhension des événements».
(L'essentiel/AFP)