«Le management vertical et rigide, c'est fini, les jeunes ont besoin de sens»

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Comprendre la Génération Z«Le management vertical et rigide, c'est fini, les jeunes ont besoin de sens»

LUXEMBOURG - La Chambre de commerce a publié un petit guide à l'attention des recruteurs pour mieux cerner la nouvelle génération.

Marion Chevrier
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Marion Chevrier
Les cultures managériales ont évolué au cours du temps: alors qu'elle était encore focalisée sur la performance dans les années 80 et tournait autour d'un leader qui dynamisait son équipe pour qu'elle atteigne les objectifs financiers, elle gravite aujourd'hui autour de la liberté.
Parce que l'environnement a changé, tout se passe beaucoup plus vite aujourd'hui., dans un monde ultraconnecté.
Les priorités ont de fait changé: il y a un vrai besoin d'équilibre vie professionnelle/vie personnelle et l'attachement à l'entreprise est beaucoup moins forte: les jeunes n'ont aujourd'hui plus peur de quitter un travail qui ne les satisfait plus.
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Les cultures managériales ont évolué au cours du temps: alors qu'elle était encore focalisée sur la performance dans les années 80 et tournait autour d'un leader qui dynamisait son équipe pour qu'elle atteigne les objectifs financiers, elle gravite aujourd'hui autour de la liberté.

MindForest / Chambre de Commerce.

Paresseuse, peu investie... La génération Z (née entre 1996 et 2012) n'a pas très bonne presse auprès des managers d'aujourd'hui plutôt génération Y/millenials (1981-1995) voire génération X (1966-1980). Or, en 2025, cette génération représentera 27% de la main-d'œuvre des pays de l'OCDE.

Il faudra donc faire avec ces jeunes gens «qui souffrent d'une image injuste», regrette Muriel Morbe, CEO de la House of Training, structure adossée à la Chambre de commerce. «Cette génération a simplement un regard différent sur le monde du travail, a besoin de sentir qu'elle a un impact positif sur le monde et qu'elle se réalise personnellement».

Elle est simplement «en quête de sens et de reconnaissance, ce qui est plutôt positif». Ainsi, 70% des jeunes de cette génération ont le désir de travailler pour une entreprise dont les valeurs sont en accord avec les leurs. Une minirévolution qui peut déconcerter les recruteurs... C'est la raison pour laquelle la Chambre de commerce a développé un guide pratique. Pour attirer et garder les bons profils, il faut cerner leurs attentes et leurs exigences.

Une génération incomprise

Signe que les managers ne sont pas en phase, quelque 40% des salariés de la génération Z ne se sentent pas compris par leur employeur (Workmonitor Randstad, 2024). C'est davantage que leurs aînés des générations Y et X (34% et 24%) et près du double des baby-boomers, nés entre 1946 et 1965 (21%).

Les cultures managériales ont évolué au cours du temps: alors qu'elle était encore focalisée sur la performance dans les années 80 et tournait autour d'un leader qui dynamisait son équipe pour qu'elle atteigne les objectifs financiers, elle gravite aujourd'hui autour de la liberté. «Le management vertical, rigide, avec un leader qui impose ses décisions, c'est fini», explique Muriel Morbe.

«Ce qui prime aujourd'hui, c'est la coresponsabilité, les décisions doivent pouvoir venir de partout, les jeunes salariés veulent que leur voix soit prise en compte et valorisée, que leur individualité soit reconnue». C'est d'ailleurs une génération qui a besoin d'énormément de feedback, d'échanges et qui n'hésite pas à se former en permanence pour acquérir de nouvelles compétences. Un réel bonus pour les dirigeants.

«Les jeunes n'ont aujourd'hui plus peur de quitter un travail qui ne les satisfait plus»

Muriel Morbe

Mais qui en échange d'un plein engagement exige de pouvoir être davantage maîtresse de son temps. «Il y a un vrai besoin d'équilibre vie professionnelle/vie personnelle». Les recruteurs et les managers qui ne prendront pas cela en compte passeront à côté de candidats intéressants et ne parviendront pas à retenir les bons profils dans leurs entreprises.

«Parce que les jeunes n'ont aujourd'hui plus peur de quitter un travail qui ne les satisfait plus». Pour plus de neuf jeunes sur dix, le fait de faire une pause dans sa carrière n'est pas tabou.

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