Arnaque aux États-UnisDes héros du 11 septembre accusés de fraude
106 personnes, dont 80 anciens policiers et pompiers new-yorkais, ont été inculpés mardi pour une vaste fraude à la pension d'invalidité, après les attaques contre le World Trade Center.

Une centaine de secouristes sur les lieux des attaques du 11 septembre sont impliqués dans une arnaque aux pensions d'invalidité.
AFPAprès les attentats, beaucoup des accusés avaient déclaré être incapables de travailler, évoquant des troubles psychiques - dépression et stress post-traumatique - pour toucher une pension d'invalidité à laquelle ils n'avaient pas droit. Dans leur demande de pension, les accusés avaient affirmé qu'ils sortaient peu de chez eux, ne voyageaient pas et n'avaient quasi pas d'interaction sociale, selon l'acte d'accusation.
Mais, de fait, beaucoup allaient très bien. L'un d'eux pilotait son hélicoptère, un autre jouait au blackjack à Las Vegas, un autre faisait du jet-ski, un autre encore enseignait les arts martiaux. Certains dossiers sont très largement antérieurs aux attentats de 2001. Les premières escroqueries datent de 1988. Tous avaient été conseillés dans leurs démarches par quatre hommes, Raymond Lavallée, avocat de 83 ans, Thomas Hale, 89 ans, Joseph Esposito, un ex-policier de New York âgé de 64 ans, et John Minerva, 61 ans, consultant spécialisé dans les questions d'invalidité, qui leur expliquaient notamment quoi dire aux médecins les examinant. Les quatre hommes avaient soigneusement sélectionné ces médecins.
Jusqu'à 500 000 dollars de trop perçu
La pension d'invalidité moyenne aux États-Unis varie d'environ 30 000 à 50 000 dollars par an (entre 22 000 et 36 700 euros), et s'ajoutait pour les accusés à leur retraite. Pour leur aide, Lavallée, Hale, Esposito et Minerva touchaient de 20 000 à 50 000 dollars (de 14 700 à 36 700 euros) par dossier accepté. «Beaucoup des participants (à cette escroquerie) ont de façon cynique prétendu souffrir de maladie mentale comme un résultat du 11 septembre, déshonorant les équipes de secours qui ont servi leur ville au prix de leur propre santé et sécurité», s'est insurgé mardi le procureur de Manhattan, Cyrus Vance.
Il a souligné que cette fraude avait réduit d'autant les ressources pour combattre les vraies situations de stress post-traumatique. Certains des accusés souffraient de troubles limités, pour lesquels ils pouvaient prétendre à des aides, mais pas à des pensions d'invalidité, selon l'acte d'accusation. Certains fraudeurs ont au total touché 500 000 dollars (367 985 euros). En moyenne, les accusés ont reçu chacun 210 000 dollars (154 550 euros).
(L'essentiel Online/AFP)