Bande dessinée – «Deux hommes en guerre»: des personnages troubles

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Bande dessinée«Deux hommes en guerre»: des personnages troubles

Entre Charles, ex- agent de la DGSE, et Jacques Dufeutel, homme politique pourri, l'accord ne peut être que de circonstance.

«Deux hommes en guerre». Desberg, Moniquet, Jef. Le Lombard.

«Deux hommes en guerre». Desberg, Moniquet, Jef. Le Lombard.

Quand la fiction de la bande dessinée dépasse la réalité sordide de la vie politique. «Deux hommes en guerre», nouvelle série de Stephen Desberg et Jef pour la collection «Troisième Vague» du Lombard, est littéralement au cœur de l’actu. Et pourtant, le scénario en a été écrit bien avant les événements qui ont notamment secoué la dernière élection présidentielle française. Le personnage de Jacques Dufeutel est le prototype du politicien sans scrupules, issu d’une époque que l’on annonce enfin révolue. Celle de la corruption du public par le privé, des financements occultes de partis, des abus de pouvoir, des passe-droits, et même de l’immunité face à la justice.

Ancien militaire, Charles a dû quitter l’armée après avoir été grièvement blessé au combat. Mais dans la foulée, il a intégré la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). De ses quinze années comme espion, il a collectionné les faits d’armes et les cicatrices. Désengagé, il a alors créé sa propre agence de sécurité. C’est donc un véritable expert en matière de renseignement que souhaite engager Jacques Dufeutel, ancien député et Premier ministre dont l’ambition dévorante lui fait croire en ses chances de conquérir l’Élysée.

Un projet sérieusement mis à mal par les nombreuses affaires dans lesquelles ce vieux briscard de la politique a trempé. Alors Charles passe un marché avec Dufeutel. Il découvrira qui tente de le faire chanter, en échange d’informations concernant une maladie orpheline dont est victime tant l’ex-agent de la DGSE que le fils du politicien. C'est que Charles a déjà par deux fois croisé la route de Jacques Dufeutel. Et dans les deux premiers cas, il lui avait sauvé la vie in extremis. Parviendra-t-il encore à tirer ce pourri du nouveau guêpier dans lequel il s'est plongé?

Pour cette nouvelle série «Troisième Vague», le scénariste Stephen Desberg, un des piliers de la collection («I.R.$», «Sherman», «Empire USA»), s’est appuyé sur l’expérience de Claude Moniquet, ancien journaliste et agent de la DGSE. Remarqué pour ses collaborations avec Matz («Balles perdues», «Corps et âme»), le dessinateur Jef met son style au service d’une intrigue pleine de rebondissements.

(L'essentiel)

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