Présidentielle du 25 maiÉlection incertaine pour 36 millions d'Ukrainiens
L'Ukraine est appelée le 25 mai à voter pour élire son président après des mois d'une crise qui a vu la fuite de l'ex-dirigeant Ianoukovitch et a conduit le pays au bord de la guerre civile.

Il s'agit du sixième scrutin présidentiel depuis l'indépendance de cette ex-république soviétique en 1991. Le vainqueur, élu pour cinq ans, deviendra le cinquième président de l'Ukraine. Les noms de 21 candidats sont inscrits sur les bulletins de vote, mais deux ont déjà annoncé qu'ils se retiraient de la course présidentielle (au début du processus, on ne comptait pas moins de 46 prétendants)..
Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko est donné grand favori par les instituts de sondage avec autour de 30% des intentions de vote, loin devant l'ex-premier ministre et égérie de la Révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko. Derrière, les 17 autres candidats recueillent chacun moins de 4% des intentions de vote. Si 36 millions d'électeurs doivent voter, l'insurrection pro-russe dans l'est du pays, particulièrement dans les régions de Lougansk et de Donetsk, pourrait empêcher près de deux millions de citoyens de s'exprimer.
La question de la Crimée
Quant aux électeurs de Crimée, la péninsule rattachée à la Russie au terme d'une occupation par des forces russes et d'un référendum que la communauté internationale ne reconnaît pas, ils peuvent en théorie quitter la région et voter dans un bureau de vote du sud de l'Ukraine.
Le scrutin est qualifié de crucial par les Occidentaux, mais est raillé par la Russie qui le compare à un exercice de démocratie «au son des canons». Il commencera à 8h (7h au Luxembourg) et se terminera à 20h (19h au Luxembourg). Aucune participation minimale n'est requise pour valider le scrutin, depuis une modification en mars de la loi électorale. Autrement dit, même l'impossibilité pour les bureaux de vote d'ouvrir dans les zones tenues par les rebelles pro-russes n'est pas de nature à invalider l'élection.
Si aucun candidat ne réunit plus de 50% des suffrages exprimés, un second tour est prévu trois semaines plus tard, le 15 juin, pour les deux candidats arrivés en tête.
(L'essentiel/AFP)