Euthanasie: Les Français toujours plus nombreux à se tourner vers la Belgique

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EuthanasieLes Français toujours plus nombreux à se tourner vers la Belgique

Plus d'une centaine de Français ont demandé une assistance au suicide en 2024.

En Belgique, pays pionnier où la pratique est encadrée par la loi depuis 2002, près de 4 000 euthanasies ont été enregistrées l'an dernier, une hausse de plus de 16% sur un an.

En Belgique, pays pionnier où la pratique est encadrée par la loi depuis 2002, près de 4 000 euthanasies ont été enregistrées l'an dernier, une hausse de plus de 16% sur un an.

AFP

Les Français continuent de représenter une énorme majorité des étrangers venant réclamer l'euthanasie en Belgique et 106 demandes ont pu aboutir en 2024, selon des chiffres publiés mercredi par l'autorité belge de contrôle de cet acte médical.

Il s'agit d'une petite proportion du nombre total d'euthanasies pratiquées annuellement. En Belgique, pays pionnier où la pratique est encadrée par la loi depuis 2002, près de 4 000 euthanasies ont été enregistrées l'an dernier, une hausse de plus de 16% sur un an.

Neuf cas sur dix

Mais parmi les non-résidents en ayant bénéficié (120 l'an dernier), les Français continuent de représenter neuf cas sur dix. Les autres pays d'origine recensés – Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Hongrie, Portugal et Angleterre – ne comptent qu'un ou deux ressortissants dans ces statistiques.

Le chiffre de 106 patients français euthanasiés l'an dernier représente une légère hausse par rapport à 2023 (101), bien plus nette en comparant à 2022 (53). Ces données constituent une évaluation «minimale», a souligné la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie (CFCE). En effet, jusqu'à une évolution juridique entrée en application en mars 2024, l'indication du lieu de résidence du patient n'était pas obligatoire dans le document d'enregistrement de l'euthanasie transmis à la commission.

«Quatre à cinq demandes par courriel chaque jour»

Concernant les Français, les demandes qui aboutissent ne sont que «la partie émergée de l'iceberg», a relevé Jacqueline Herremans, membre de la CFCE et présidente de l'Association belge pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), jointe par l'AFP. Cette association reçoit de France «quatre à cinq demandes par courriel chaque jour», a précisé Mme Herremans.

Sur fond de système de santé sous pression en Belgique, dans le contexte d'économies budgétaires, certaines consultations de fin de vie refusent d'entendre des non-résidents, selon l'avocate.

Cancers et polypathologie

En Belgique, la demande d'euthanasie doit être «volontaire, réfléchie, répétée», «sans pression extérieure», selon un texte promulgué en mai 2002. Le geste médical a été demandé en 2024 dans huit cas sur dix par des malades souffrant de cancer (54%) ou de polypathologie (26,8%). En 2014, la Belgique est devenue le premier pays à autoriser l'euthanasie pour les mineurs sans limite d'âge. Il y a eu un cas l'an dernier, portant à six le total depuis une décennie.

En France, le Parlement pourrait légaliser sous condition une «aide active à mourir», de fait une forme de suicide assisté. Le texte de loi devrait être examiné en mai à l'Assemblée nationale, où les échéances sur ce sujet ont été reportées à de multiples reprises, notamment en raison de la dissolution en 2024.

(afp)

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