Économie au topExcédent commercial record pour l'Allemagne
La croissance s'est accélérée l'année dernière en Allemagne, ce qui a contribué à améliorer l'excédent commercial du pays et à s'offrir un excédent budgétaire inédit.

L'automobile fait partie des secteurs-clés de l'économie allemande.
AFPL'Allemagne a vu sa croissance accélérer encore en 2017, à 2,2%, portant son excédent budgétaire vers un nouveau record et attisant les appels à dépenser plus, venus de la première économie européenne comme de ses partenaires. La progression du produit intérieur brut (hors inflation), de 2,2% sur l'année écoulée, est la plus forte depuis la sortie de la crise financière en 2011. La robustesse de l'économie a rempli les caisses de l'État fédéral, des États régionaux, des communes et des administrations de Sécurité sociale, au point d'offrir au pays un excédent budgétaire inédit depuis la réunification en 1990.
L'excédent des comptes publics, pris en compte par la Commission européenne pour apprécier l'équilibre budgétaire des États-membres de la zone euro, a atteint 38,4 milliards d'euros l'an dernier, soit 1,2% du PIB. Poussée par la demande intérieure, l'économie allemande a bénéficié de la consommation privée (+2%) plus que de la consommation publique (+1,4%), moins vigoureuse après les fortes dépenses consenties en 2016 pour accueillir des centaines de milliers de réfugiés. Mais, fait nouveau, les investissements ont enfin décollé, progressant de 3,5% sur un an. L'économie allemande, dont la solidité de la reprise suscitait encore des doutes il y a un an, «a progressé sur 32 des 35 derniers trimestres», résume Carsten Brzeski, de la banque ING.
Mais depuis le retour à l'équilibre des comptes publics, Graal du précédent gouvernement allemand décroché en 2014, la pression ne fait que croître pour que Berlin desserre les cordons de la Bourse. Le sujet de la dépense publique est devenu clé dans les actuelles négociations de coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates. Dans un pays hanté par son vieillissement et le financement de ses futurs retraites, les clivages sur ce thème sont profonds: les conservateurs demeurent attachés à la rigueur budgétaire pendant que les sociaux-démocrates prônent plus d'investissements, et les milieux économiques et syndicats ont aussi des avis divergents.
(L'essentiel/AFP)