Face au gaspillage alimentaireFaut-il supprimer certaines dates de consommation au Luxembourg?
LUXEMBOURG – Ne plus préciser sur l'emballage qu'un produit est meilleur en le consommant avant une certaine date, c'est l'idée instaurée par une enseigne britannique. Une idée transposable au Grand-Duché?


Au Royaume-Uni, la chaîne de grande distribution Co-op a annoncé, ces dernières semaines, la suppression des dates de péremption sur certains produits frais. Le but? Encourager les ménages à conserver leurs denrées plus longtemps, pour réduire le gaspillage alimentaire. La mention «best before» («à consommer de préférence avant le») et la date indicative qui l'accompagne n'apparaîtront plus sur près de 500 produits. Une idée à transposer? Même s'il le voulait, le Luxembourg ne pourrait pas l'appliquer, coincé par une réglementation européenne.
Un changement à ce niveau-là, comme le fait l'enseigne britannique, devrait donc se décider au niveau continental. La règle impose au Grand-Duché et à ses voisins de faire apparaître deux types de date sur les produits dans nos rayons: la date de durabilité, celle que supprime Co-op et qui signifie simplement que le produit est meilleur s'il est consommé avant cette date, mais qu'il reste consommable sans danger après. Ou bien une date limite de consommation, à partir de laquelle le produit est effectivement périmé et ne doit plus être consommé.
Mieux éduquer le consommateur
«Et nous avons de très bonnes raisons d'avoir ces deux règles», explique à L'essentiel Patrick Hau, commissaire du gouvernement à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire. Selon lui, le problème du gaspillage ne réside pas dans les dates mentionnées sur le produit, mais plutôt dans la mauvaise éducation du consommateur. «Il est très important de bien expliquer la différence entre ces deux dates, pour éviter la confusion qui pousserait le consommateur à jeter un produit encore bon. Supprimer la date de durabilité pourrait être pire que mieux, car elle reste un indicateur. Sans cette date, le consommateur ne se souviendra peut-être plus du moment de son achat et dans le doute, mettra quand même le produit à la poubelle».
Au Luxembourg, les dernières analyses ont montré qu'un tiers des denrées jetées dans le pays l'étaient au niveau des ménages. «Il est certain qu'il y a un problème, et des discussions au niveau européen sont en cours pour limiter le gaspillage. Mais il faut sans doute trouver d'autres solutions que supprimer la date. Peut-être reformuler l'énoncé sur les emballages, mieux l'expliquer», estime Patrick Hau.
Dans le pays, des campagnes de communication pour limiter le gaspillage alimentaire ont déjà été enclenchées et des initiatives de collectes de produits proches de la date de consommation existent, pour redistribution à des associations. «Il faut aussi travailler à une meilleure gestion des stocks de produits à la maison», conclut Patrick Hau.
