Gordon Brown attaque les paradis fiscaux
Devant le Congrès américain, le Premier ministre britannique Gordon Brown a souhaité davantage de transparence, à quelques semaines du sommet du G20 de Londres.

«Vous êtes en train de restructurer vos banques. Nous aussi. Mais les placements de tous ne seraient-ils pas beaucoup plus sûrs si le monde entier se mettait d'accord pour interdire les systèmes bancaires parallèles et les paradis fiscaux», a déclaré M. Brown dans un discours solennel devant les deux chambres du Congrès.
La Suisse dans le collimateur
M. Brown a plaidé pour «un système bancaire mondial qui serve notre prospérité au lieu de la menacer». Il a demandé que le sommet du G20 débouche sur «des règles et des normes en matière de responsabilité, de transparence et de rémunération qui sonneront la fin des excès et s'appliqueront à toutes les banques, partout, et en tout temps».
À la faveur de la crise financière internationale, Londres a semblé plus favorable ces derniers mois à une réglementation du système bancaire, après avoir été mis en cause pour les pratiques adoptées par des territoires sous sa juridiction comme l'île de Man ou les îles Anglo-normandes. Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a ainsi dénoncé le secret bancaire des banques suisses, estimant que l'on ne pouvait pas «tolérer» l'évasion fiscale, dans des propos publiés le 22 février par l'hebdomadaire britannique The Observer.
Le Luxembourg n’est pas un paradis fiscal
Les Européens du G20 réunis le même jour à Berlin ont affiché leur détermination à réguler et surveiller l'ensemble des acteurs des marchés, y compris des fonds d'investissement spéculatifs (hedge funds). Début octobre, 17 pays occidentaux ont demandé à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de «réactualiser» d'ici à mi-2009 sa «liste noire» des pays «non-coopératifs» en matière fiscale et judiciaire. Vidée de sa substance au fil des ans, cette liste ne comprend plus que l'Andorre, Monaco et le Liechtenstein. Mais lors du sommet européen de Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy a laissé planer dimanche la menace d'une inscription de la Suisse sur cette liste, comme le réclame déjà l'Allemagne.
Quant à Barack Obama, il a qualifié, après son élection le 4 novembre, les 40 paradis fiscaux de la planète de «problème» auquel il entend s'attaquer.
lessentiel.lu avec AFP