Fusillade dans le Colorado: «Il y a un tireur au magasin. Je t'aime, n’appelle pas»

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Fusillade dans le Colorado«Il y a un tireur au magasin. Je t'aime, n’appelle pas»

Maggie travaillait dans une pharmacie du centre commercial quand la fusillade qui a fait dix morts a éclaté, lundi à Boulder. Elle raconte ces interminables minutes d’angoisse.

«C’était un jour normal. Ce n’était pas la folie». Coureuse professionnelle, Maggie Montoya travaille dans une pharmacie pour arrondir ses fins de mois. Lundi, la jeune femme de 25 ans a pris son poste au centre commercial King Soopers à 10h30, se préparant à passer une journée de distribution intensive de vaccins contre le Covid-19. Il était environ 14h30 quand Maggie a entendu les premiers coups de feu. La pharmacie se trouve à l’avant du centre commercial, non loin de l’entrée où la fusillade a commencé.

«J’ai entendu quelqu’un crier "Tireur en action!" et nous nous sommes tous dispersés», témoigne l’employée auprès de CPR News. Maya a pris l’option de se cacher dans une petite pièce destinée à l’administration du vaccin. S’en sont suivies d’épouvantables minutes d’effroi. «J’imaginais la personne sauter par-dessus le comptoir et entrer dans la pièce», confie Maggie, qui a appelé la police, puis ses parents. Dans la foulée, la jeune femme a envoyé un message à son petit ami Jordan: «Il y a un tireur dans le magasin. Je t’aime. N’appelle pas», a-t-elle écrit en catastrophe.

«J'ai cru que tout le monde était mort»

Après une dizaine de minutes de tirs incessants, le rythme des coups de feu a commencé à ralentir. «Franchement, j’ai cru que tout le monde était mort. Je n’entendais personne courir», se souvient Maggie. Pendant ce temps, le coach de l’athlète, qui suivait une retransmission en direct sur YouTube, la tenait informée de l’évolution de la situation. «Il m’a dit que le bâtiment était encerclé mais que personne n’entrait. Et je ne comprenais pas pourquoi la police n’entrait pas», raconte la jeune femme. Finalement, une voix a retenti dans le haut-parleur: «Ici la police de Boulder. Tout le bâtiment est encerclé. Il faut que vous vous rendiez maintenant», a pu entendre Maggie.

L’employée a alors entendu une réponse provenir de devant la pharmacie: «Il a dit "Je me rends, je suis nu", témoigne-t-elle. Ce n’est qu’après environ 20 minutes que l’Américaine a entendu une équipe de policiers entrer dans le centre commercial. À ce moment-là, le tireur se trouvait encore dans la pharmacie. Finalement, la police est venue libérer Maggie et ses collègues. «C’est là que j’ai compris que j’allais m’en sortir. C’était probablement le moment le plus émouvant que j’ai vécu, quand nous avons quitté le magasin. Nous étions vraiment en train de sortir, et nous étions vivants», confie la jeune femme.

Un jeune homme de 21 ans a été inculpé à la suite de cette tuerie, qui a fait 10 morts, dont un policier. Mardi, Joe Biden a réclamé l’interdiction des fusils d’assaut.

(L'essentiel/joc)

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