Covid au Luxembourg – Ils préfèrent rester chez eux, malgré le déconfinement

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Covid au LuxembourgIls préfèrent rester chez eux, malgré le déconfinement

LUXEMBOURG - L'allègement des mesures sanitaires ne fait pas que des heureux parmi les résidents et les frontaliers, dont certains souffrent du «syndrome de la cabane».

Le «syndrome de la cabane» touche de nombreuses personnes.

Le «syndrome de la cabane» touche de nombreuses personnes.

Alors que les mesures restrictives tombent les unes après les autres, au fur et à mesure que la pandémie de Covid-19 faiblit, certains résidents et frontaliers ne veulent pas sortir de leur cocon. Ils appréhendent le retour au bureau, redoutent d'être invités quelque part et ont peur d'être confrontés à la foule. Atteints par le «syndrome de la cabane», ils craignent tout simplement le retour à la vie «d'avant».

«Je n’ai pas peur du virus ni d’être contaminée, c'est juste que mes centres d'intérêt ont changé, explique Sabine*, qui habite à Steinfort. Je travaille seule et je ne suis plus habituée à la foule... Je préfère rester chez moi, inviter des gens quand je veux, commander sur Internet et c'est mon conjoint qui se charge des courses. En fait, je me sens plus libre chez moi que dehors, où la recrudescence d’incivisme des gens me pèse».

«J'ai fait plusieurs crises de panique»

«Je ne sortais déjà plus beaucoup avant la pandémie mais ça a empiré avec la crise sanitaire. J'ai eu peur d'être contaminé, témoigne Daniel, de Pétange. Comme j'ai la chance d'avoir un appartement assez grand, où on peut boire, manger, fumer et écouter tranquillement de la musique, je préfère nettement rester chez moi...».

Alison, qui habite à Hussigny-Godbrange (France), vit elle aussi difficilement le déconfinement: «J'ai fait plusieurs crises de panique, d'hyper ventilation, de tétanie et d'angoisse, soupire-t-elle. Ces réactions ont peut-être été exacerbées car je suis un traitement de ritaline depuis deux semaines. Ce qui est sûr, c'est que nous n'avons pas quitté la maison plus de quelques heures depuis Noël 2019 (travail, école, rendez-vous divers, courses) et n'avons pas vu nos familles non plus».

Quand on leur demande ce qui pourrait les convaincre de revenir à la vie «d'avant», les avis sont partagés... «Le jour où on n’aura plus de masques ni de test à faire, qu'il n'y aura plus la queue à l’entrée des magasins et qu'on ne se fera plus disputer quand on a oublié de mettre du gel, peut-être...», avance Sabine*. «Lorsque je pourrai à nouveau voyager sans contraintes», insiste Daniel. «Je me dis que la vaccination est la clé pour revenir à un monde plus normal, observe Jessica, qui vit à Messancy (Belgique). Mais les "codes" d'avant ne reviendront pas facilement...».

*Le prénom a été modifié

(pp/L'essentiel)

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