Selon Human Rights Watch: Israël a abusé de la force lors d’émeutes

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Selon Human Rights WatchIsraël a abusé de la force lors d’émeutes

Les exactions auraient été commises contre des manifestants issus de la communauté arabe de la ville de Lod.

Les forces israéliennes auraient traité différemment les manifestants arabes et les manifestants juifs.

Les forces israéliennes auraient traité différemment les manifestants arabes et les manifestants juifs.

AFP

La police a fait usage en mai d’une «force excessive» envers des manifestants issus de la communauté arabe dans la ville israélienne de Lod, a indiqué mardi, l’ONG Human Rights Watch (HRW), dénonçant des actes «apparemment discriminatoires».

Des émeutes ont eu lieu en mai dans plusieurs villes mixtes israéliennes, où vivent Juifs et Arabes, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948, sur fond de violents heurts à Jérusalem-Est entre Palestiniens et forces israéliennes, et d’une guerre entre Israël et le mouvement Hamas dans la bande de Gaza.

«Les autorités israéliennes ont réagi aux événements de mai à Lod en dispersant avec la force les Palestiniens qui manifestaient pacifiquement», a déclaré dans un communiqué Omar Shakir, responsable de Human Rights Watch pour Israël et les territoires palestiniens, parlant de «cartouches lacrymogènes» et de «grenades assourdissantes» lancées dans leur direction. Les forces policières n’ont pas réagi «de façon impartiale lorsque des ultranationalistes juifs attaquaient des Palestiniens», a en outre déploré M. Shakir. «L’intervention policière à Lod a eu lieu dans le contexte de la discrimination systématique exercée par le gouvernement israélien envers les Palestiniens de nationalité israélienne», selon l’ONG.

Deux meurtres, poursuites judiciaires distinctes

Par ailleurs, pour l’ONG, «les autorités israéliennes ont traité de façon nettement différente» les deux meurtres d’un Arabe et d’un Juif à Lod, dans des heurts qui ont opposés jeunes Arabes et des groupes de Juifs. Huit Arabes ont été inculpés pour la mort de Yigal Yehoshua, un juif blessé à la tête par des jets de pierres. Cinq Juifs ont été arrêtés, puis libérés sans inculpation après la mort de Moussa Hassuna, un Arabe israélien tué lors d’une fusillade. La police israélienne a réfuté les accusations de partialité. Elle a indiqué à l’AFP poursuivre l’enquête sur la mort de M. Hassuna et assuré traiter de façon «professionnelle» les événements, «quelle que soit la religion ou l’identité des auteurs des crimes».

HRW a appelé mardi l’ONU à enquêter sur des pratiques «apparemment discriminatoires» de l’État hébreu. Les Arabes israéliens, qui représentent environ 20% de la population israélienne et environ un tiers de celle de Lod, ville populaire de 80 000 habitants, se disent fréquemment victimes de discriminations. Human Rights Watch a qualifié d’«apartheid» la politique d’Israël à l’égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les Territoires occupés, une accusation farouchement contestée par l'État hébreu qui dénonce «un parti-pris anti-israélien».

(L'essentiel/AFP)

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