Mademoiselle K«Je ne l'ai pas pensé en termes d'énergie»
La rockeuse française Mademoiselle K s'affiche moins sauvage sur son troisième album, «Jouer dehors».

On avait découvert MademoiselleK en 2006 avec «Ça me vexe». Sauvage et rock, la jeune fille nous tournait le dos sur la pochette. À 30 ans, elle revient avec «Jouer dehors», un troisième album plus pop où elle dit vouloir renouer le dialogue. Rencontre.
Sur ce disque, vous vous affichez enfin. Qu'est-ce qui a changé?
Mademoiselle K: Il était temps de me montrer! «Jouer dehors» est le fruit d'une évolution et je l'ai pensé en même temps comme un premier album. J'ai passé trois ans à dire que MademoiselleK est un groupe. Mais on s'est construits parce que ça part de moi.
C'est ce que vous entendez avec «Jouer dehors»?
Oui, m'ouvrir à nouveau, renouer le dialogue, raconter des histoires. Je recherche un public nouveau, en plus de celui qui me suit depuis mes débuts.
C'est pour cette raison que l'album est plus pop?
Je suis fan de Bowie, des Beatles, de Coldpay. J'assume mon côté pop. Quand une mélodie est simple, ça ne sert à rien de la rejeter. Pourquoi ne pas chanter trois fois le même refrain? Ce n'est pas commercial! Onze fois, oui! Je suis allée à des concerts où j'ai ressenti cette force qu'il peut y avoir dans la pop. Pourquoi m'en priver?
Le disque a donc été pensé pour la scène?
Non. Pour la première fois, cet album, je ne l'ai pas pensé en termes d'énergie. Pour chaque morceau, je me suis dit que s'il ne fonctionnait pas sur l'album, il ne fonctionnerait pas en live.
Un titre s'appelle «Branc». Qui est cette personne?
Le branc n'est pas un con. C'est un mec qui a le cœur sur la main mais qui est nul, sympa mais à la masse. Mon côté branc, c'est me retrouver à une soirée et ne me prendre que des râteaux. Ça m'est arrivé plein de fois. C'est pour cela qu'à 20 ans je me cachais derrière une tignasse.
Recueilli par Laurent Flückinger