Otage tuée par l'EI – Kayla Mueller aurait été donnée à un commandant

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Otage tuée par l'EIKayla Mueller aurait été donnée à un commandant

La mort de l'humanitaire américaine a été confirmée mardi, par Washington. Mais il reste de nombreuses zones d'ombre. Elle aurait pu avoir été mariée de force à un commandant de l'EI.

Pourquoi le sort réservé à Kayla Mueller par les jihadistes est-il différent des autres otages retenus par le groupe? La jeune humanitaire, 26 ans, pourrait, selon certaines sources américaines citées par ABC, avoir été donnée à un haut dirigeant de l'organisation terroriste.

«Le groupe État islamique (EI) ne la considérait pas comme un otage ou une contrepartie dans une négociation», explique ainsi un spécialiste de la lutte antiterroriste à la chaîne américaine. Les écoutes des services de renseignements ont permis de démontrer que de nombreux combattants islamistes faisaient référence à Kayla Mueller lors de conversations téléphoniques. Si ces informations permettaient de savoir que la jeune fille était encore en vie, elles ont aussi servi à montrer qu'elle était très souvent en compagnie d'un commandant de l'EI. Ce dernier avait sans doute sa garde à charge et elle pourrait avoir été contrainte de se marier.

«Je me bats autant que j'en suis capable»

Comme elle l'explique dans une lettre, Kayla Mueller a été bien traitée par les jihadistes. La famille de la jeune femme, qui a été en contact avec les ravisseurs, fait savoir qu'elle était considérée comme une «invitée». «J'ai compris que même en prison, on peut être libre», écrivait-elle, ajoutant que ses proches lui manquaient «comme si cela faisait une décennie de séparation forcée». «Soyez patients. Je sais que vous voulez que je reste forte. C'est exactement ce que je m'efforce de faire. N'ayez pas peur pour moi, continuez à prier et nous serons bientôt réunis».

«Il y a du bon dans toute situation. Parfois, nous n'avons qu'à le chercher», ajoutait-elle. La travailleuse humanitaire écrivait qu'elle était traitée «avec respect et gentillesse» et qu'elle s'était «abandonnée à Dieu». Elle y parlait également des négociations qui, se disait-elle, devaient avoir lieu pour sa libération. «Cela n'aurait jamais dû devenir un fardeau pour vous (...) Aucun de nous n'aurait pu savoir que cela serait si long mais je me bats de mon côté autant que j'en suis capable».

Une vie consacrée aux démunis

La Syrie n'était pas le premier terrain où la jeune femme, originaire de Prescott dans l'Arizona (sud-ouest), se rendait pour aider ceux qui sont dans le besoin. Une fois diplômée de l'université de Northern Arizona en 2009, elle n'a cessé de parcourir le monde pour aider les plus démunis. Elle a vécu et travaillé, entre 2009 et 2011, avec des groupes humanitaires dans le nord de l'Inde, puis en Israël, où elle était bénévole au centre de développement pour les réfugiés africains et dans les Territoires palestiniens.

Puis, elle est rentrée chez elle aux États-Unis, où elle a travaillé pendant un an dans une clinique qui soigne des patients atteints du sida, tout en collaborant bénévolement, de nuit, dans un refuge pour femmes. Elle a ensuite fait un bref passage par la France, en décembre 2011, où elle a bossé comme fille au pair, principalement pour perfectionner son français dans le but de se rendre en Afrique. Dans la foulée, elle a pris la direction de la frontière turco-syrienne. Elle y a aidé les familles déplacées au sein des ONG Support to Life et Danish Refugee Council, ainsi que d'autres organisations humanitaires.

(L'essentiel/cga)

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