Campagne historique – L'Arabie saoudite veut défendre les femmes

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Campagne historiqueL'Arabie saoudite veut défendre les femmes

Les autorités de ce pays ultraconservateur reconnaissent que le phénomène des violences domestiques est plus important qu’il n’y paraît. Une première campagne a été lancée le week-end dernier.

La photo de la première campagne contre les violences conjugales en Arabie saoudite.

La photo de la première campagne contre les violences conjugales en Arabie saoudite.

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L'Arabie saoudite a publié ce week-end sa première campagne de publicité contre les violences domestiques. Financée par la fondation du Roi Khalid, elle entend fournir une protection légale aux femmes et aux enfants violentés sur le territoire.
La photo choc, révélée par Le Huffington Post, met en scène une femme portant un hijab, laissant voir ses yeux dont l’un est au beurre noir. Le slogan: «Certaines choses ne peuvent être couvertes. Combattons ensemble les violences faites aux femmes».

Cette campagne est un événement dans ce royaume ultraconservateur. L'Arabie saoudite a en effet été classée par le forum mondial au 131e rang sur 134 états en matière d’égalité homme-femme. Lors de son lancement, les autorités saoudiennes ont reconnu que «le phénomène des femmes battues en Arabie saoudite est plus important qu’il n’y paraît». Le pays est fortement marqué par l'injustice envers le sexe féminin. Les femmes n'ont ainsi pas le droit de conduire. La police religieuse ne leur a permis que très récemment de monter sur des vélos ou motos, toujours avec le port du voile intégral, accompagnées d’un homme.

Cette campagne de sensibilisation surgit peu de temps après le décès de Lama. Le petite fille de cinq ans a été hospitalisée en décembre 2011 avec le crâne fracassé, des côtes cassées, des traces de brûlures et un ongle arraché, avant de succomber quelques mois plus tard. L'opinion publique a été scandalisée par cette histoire, particulièrement à la tombée du verdict. Le père devra verser une compensation financière de 40 000 euros à la mère et une peine de prison correspondant à la durée de sa détention préventive, soit quatre mois. La peine aurait été doublée si la victime avait été un garçon. Des militantes saoudiennes avaient alerté l'opinion sur Twitter.

(L'essentiel Online/aec)

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