Renoncement – L'Atelier renonce à déménager aux Abattoirs

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RenoncementL'Atelier renonce à déménager aux Abattoirs

LUXEMBOURG - La salle de concerts fait une croix sur son projet d'implantation sur le site envisagé dans la Ville. Mais elle n'a pas abandonné sa volonté de bouger…

Toute l'équipe de l'Atelier veut se recentrer sur ses activités, après plusieurs mois de polémique.

Toute l'équipe de l'Atelier veut se recentrer sur ses activités, après plusieurs mois de polémique.

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Depuis des semaines, le déménagement de l'Atelier est devenu une affaire dépassant le cadre culturelle. Riverains des anciens abattoirs, sur lesquels la salle de spectacles de la Rue de Hollerich avait des vues, élus de la capitale, politiciens en devenir, quidam concerné ou non par la musique: chacun avait un avis sur la question du futur lieu d'installation de la salle de concerts.

«Trop, c'est trop, a tranché Laurent Loschetter, directeur de l'Atelier. Maintenant, on abandonne ce projet de délocalisation!» Surprenant choix que le responsable balaye d'un revers de manche: «Allez, on ne va pas dépenser plus d'énergie qu'il ne faut sur cette question. Depuis trois ans, le dossier ne posait pas de difficultés et là, à l'approche des élections, c'est devenu LE problème majeur de la ville, voire du pays tout entier. Je veux que l'Atelier revienne donc à ce qu'il sait faire: organiser de bons spectacles!»

«l'Atelier veut récupérer son bébé»

Oui, reconnaît Laurent Loschetter, il y a un peu de lassitude dans ce choix d'abandonner les Abattoirs. «Mais la discussion prenait des tournures insupportables. À commencer par cet amalgame fait entre le public de nos soirées et des drogués ou des alcooliques, comme nous l'avons entendu dire.» Et d'ironiser: «avec 180 000 dépendants (ayant acheté un ticket en 2010) et une moyenne d'âge du public accueilli allant de 15 à 44 ans, il conviendrait de revoir urgemment la politique de prévention de la toxicomanie dans ce pays!»

Blague à part, «l'Atelier veut récupérer son bébé». Autrement dit, reprendre la main sur ce déménagement devenu «indispensable certes, mais pas urgent». Et que certains n'imaginent pas que l'Atelier baisse les bras ad vitam. Au contraire, des projets l'équipe en a des dizaines. «D'ailleurs, pour notre futur local, on a déjà un plan B. Un C, un D, un E… un Z même! Ce qui est encourageant, c'est que nul dans ces discussions pourtant vives n'a remis en cause la qualité de notre travail, ni notre réussite. Pas plus que quelqu'un n'a demandé à ce que l'on quitte Luxembourg-ville.» À 15 ans, l'Atelier a donc encore bien la bougeotte, ouf!

Patrick Jacquemot

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