L'enquête se tourne vers la Société Générale
Les juges se penchent sur les mécanismes qui ont conduit à la perte record de la banque mise en cause par Jérôme Kerviel.

Les juges cherchent à savoir si l'attitude du trader était isolée. (afp)
Lundi, l'enquête sur les pertes frauduleuses de la Société Générale s'était focalisée sur Jérôme Kerviel qui a été mis en examen et laissé en liberté. Hier, les regards se sont tournés vers la banque mise en cause par le trader.
Les deux juges en charge de l'affaire n'ont pas retenu les chefs d'accusation relevant de la fraude. Et si Jérôme Kerviel est seul en cause selon la banque, les juges devraient également se pencher sur la chaîne de contrôle des traders afin d’établir d’éventuelles responsabilités ou complicités pouvant conduire à des poursuites pénales.
«Je ne peux croire que ma hiérarchie n’avait pas conscience des montants que j’engageais, il est impossible de générer de tels profits avec de petites positions», a expliqué le trader lors de sa garde à vue. «Tant que nous gagnons et que cela ne se voit pas trop, on ne dit rien». Dans l’entourage de la Société Générale, on affirme que si des dépassements ponctuels ont pu être opérés, «personne n’a monté de système parallèle ou opaque» à l’instar de Jérôme Kerviel.
L'attitude des dirigeants de la banque pose toujours question. L'Autorité des marchés financiers (AMF) a ouvert hier une enquête sur les échanges effectués sur les actions Société Générale. Un membre de son conseil d’administration, Robert Day, a vendu pour 85,7 millions d’euros de titres Société Générale le 9 janvier et pour 40,5 millions d’euros le 18 janvier.
Linda Cortey
(avec afp)
BNP lorgnerait sur la banque
BNP Paribas n’a pas écarté en interne la possibilité de faire une offre d’achat sur Société Générale. La BNP serait intéressée par l’acquisition de SocGen en raison de la croissance de l’activité de banque de détail en France. Côté banque d'investissement, le rapprochement serait moins pertinent.