L'Etat allemand nationalise Commerzbank

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L'État allemand nationalise Commerzbank

L’État va contrôler partiellement la deuxième banque du pays, dans une initiative historique pour mettre l'établissement à l'abri de la crise financière. Ce qui n'a pourtant pas convaincu les marchés.

(AFP)

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Concrètement, le fonds public d'aide au secteur bancaire (Soffin), créé en octobre par l'Allemagne, va mettre près de 10 milliards d'euros supplémentaires à disposition de Commerzbank, déjà généreusement aidée en novembre par l'État, a annoncé la banque jeudi dans un communiqué.

L'État va acheter 295 millions de nouvelles actions ordinaires à 6 euros l'unité, soit 1,77 milliard d'euros, et injecter en plus 8,2 milliards d'euros dans la banque, dont il devient le premier actionnaire. L'opération permet de sauver le rachat prévu par Commerzbank de sa rivale Dresdner, l'une des plus importantes fusions bancaires de l'histoire allemande.

25% du capital

«A l'issue de la transaction, l'Etat fédéral détiendra 25% plus une action» de l'ensemble du groupe Commerzbank, qui doit boucler le monumental rachat de Dresdner Bank, pour 5,1 milliards d'euros, d'ici fin janvier.

«C'est un signal fort», a déclaré le ministère fédéral des Finances dans un communiqué séparé. «Le terrain est prêt (...) pour la nouvelle Commerzbank». Le ministère refuse d'utiliser le terme de «nationalisation partielle», tabou en Allemagne, et préfère dire qu'il «assume sa responsabilité pour un des plus gros acteurs du secteur financier du pays».

L’action plonge

Commerzbank, touchée de plein fouet par la crise financière et handicapée par le rachat en cours de Dresdner, avait déjà bénéficié en novembre d'une lourde aide publique, avec 15 milliards d'euros de garanties et surtout 8,2 milliards de recapitalisation de la part de l'État fédéral. L'accord signé dans la nuit de mercredi à jeudi entre Commerzbank et le Soffin implique aussi l'assureur Allianz, le vendeur de Dresdner Bank, dont la part dans l'ensemble Commerzbank-Dresdner sera diluée à 14% contre 18% prévus au départ.

Commerzbank s'est cependant écroulé de 13,79% à 5,25 euros à la clôture de la Bourse de Francfort, après avoir reculé de plus de 20% en séance. La perspective d'une nouvelle injection géante de capital par l'Etat «ne plaît pas aux investisseurs» sur le marché d'actions, car «il faudra un jour rembourser ces prêts, et cher», indique Konrad Becker, analyste de Merck Finck.

lessentiel.lu avec AFP

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