TémoignageL'«incroyable» bunker du colonel Kadhafi
Un chirurgien plastique brésilien, qui a opéré Mouammar Kadhafi en 1994 de poches sous les yeux, a raconté avoir été l'un des rares à avoir pu visiter l'«incroyable» bunker du chef libyen, à Tripoli.

Liacyr Ribeiro, chirurgien réputé de 70 ans, qui a plusieurs cabinets dans Rio, participait à un congrès de chirurgie mammaire à Tripoli, quand le ministre libyen de la Santé de l'époque lui a demandé «d'examiner une personne qui lui était chère». «J'ai pensé que c'était sa femme. Il m'a emmené dans sa voiture mais quand on est arrivé j'ai compris que c'était Kadhafi. L'entrée du bunker était en zigzag et on m'a fait attendre dans la bibliothèque», a raconté le médecin, expliquant avoir ensuite été conduit dans un bâtiment «où il y avait une tente».
«C'est là que Kadhafi m'a reçu. Je lui ai dit qu'il faisait trop sombre pour l'examiner et il m'a emmené dans un cabinet dentaire des plus modernes», a poursuivi M. Ribeiro. Dans le bunker, «j'ai aussi traversé un gymnase avec une piscine olympique. Kadhafi était en très bonne forme physique à l'époque», a ajouté le chirurgien, soulignant qu'il était revenu un an plus tard pour réaliser l'opération ainsi qu'un implant de cheveux.
M. Ribeiro s'est rappelé qu'il y avait aussi dans l'enceinte «deux salles d'opération avec des équipements allemands excellents, et une salle de repos». «C'était incroyable! Je ne m'attendais pas du tout à une chose pareille», a-t-il poursuivi. «Tout le personnel était étranger. Son médecin était pakistanais. Il y avait deux Anesthésistes (un russe et un égyptien) et une infirmière yougoslave. Je pense qu'il avait peur de se faire assassiner par des Libyens», a encore souligné M. Ribeiro.
«Il y a seize ans, on ne le traitait pas de dictateur sanguinaire; il s'ouvrait à l'Occident et on l'appelait chef d'État. Il était très bien élevé, cultivé, et parlait couramment anglais mais il ne me regardait jamais en face», s'est souvenu M. Ribeiro. Selon le chirurgien, le dictateur libyen «ne sortira pas vivant» de la rébellion libyenne. «Pour l'avoir côtoyé pendant dix jours et sur ce que j'ai pu voir de son tempérament, je ne pense pas qu'il sorte vivant. Il va se tuer ou ils vont organiser son suicide», a-t-il conclu.
(L'essentiel Online/AFP)