Commerce mondialL'OMC doit vite se trouver un nouveau directeur général
En pleine pandémie de Covid-19, l'Organisation mondiale du commerce a trois mois pour trouver un nouveau patron, alors que le processus est habituellement plus long.

La démission de Roberto Azevedo a bouleversé le processus de désignation de l'OMC.
AFP/Fabrice CoffriniLe départ précipité du Brésilien Roberto Azevedo à la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a placé l'organisation dans une situation délicate: les pays n'ont plus que trois mois pour désigner son successeur, en pleine pandémie. En plein marasme économique mondial provoqué par la pandémie de Covid-19, plusieurs chantiers de taille attendent le futur patron de l'OMC: préparer la conférence ministérielle de 2021, donner un coup de fouet aux négociations qui piétinent et dénouer les conflits opposant l'organisation aux États-Unis.
Washington, qui a menacé de quitter l'OMC, réclame une révision du fonctionnement du bras juridique de l'OMC et du statut de pays en développement de la Chine. Les candidats qui ne sont pas effrayés par le défi peuvent déposer leur dossier à compter de lundi, jusqu'au 8 juillet. Ils seront ensuite invités à rencontrer les 164 membres de l'OMC. La démission du Brésilien Roberto Azevedo a changé la donne: les pays disposent d'à peine trois mois pour désigner son successeur, alors qu'habituellement ce processus dure neuf mois. S'ils n'y parviennent pas, l'un des vice-directeurs de l'organisation prendra la direction par intérim. La procédure de désignation du chef de l'OMC n'est pas une élection, mais un mécanisme consensuel qui fonctionne par élimination. Un vote est possible en tant que procédure de dernier recours.
Long processus
Une troïka composée du président du Conseil général (organe de décision suprême qui rassemble les membres de l'OMC), du président de l'Organe de règlement des différends et du président de l'Organe d'examen des politiques commerciales, supervise ce processus. Il n'y a pas de principe de roulement géographique mais le règlement prévoit que lorsque, dans la sélection finale, les pays devront choisir entre des candidats également méritants, ils doivent notamment tenir compte de «l'opportunité de refléter la diversité des Membres de l'OMC dans les désignations successives au poste de directeur général».
Après chaque phase de consultation, la troïka élimine progressivement les candidats qui recueillent le moins d'adhésions. À la fin du processus de consultation, la troïka soumettra aux ambassadeurs le nom du candidat ayant le plus de chances de faire l'objet d'un consensus et recommandera qu'il soit désigné. La sélection en 2013 de Roberto Azevedo, qui a succédé au Français Pascal Lamy, s'était opérée en trois étapes par éliminations successives. En 1999, les pays membres n'avaient en revanche pas pu se mettre d'accord et le mandat avait été divisé en deux exercices, de trois ans chacun, pour les deux candidats.
(L'essentiel/afp)