ConcertL'ultime fiesta de l'empereur Lorenzo
ESCH-BELVAL – Le rappeur loufoque et salace a retrouvé 3500 fidèles fans, vendredi, à la Rockhal. Pour la dernière fois?

Lorenzo, le Poto Rico et leurs amis sur scène, ce sont un peu les Beavis and Butthead du rap. Les voix nasillardes de dessin animé se répondent, les vannes fusent, des spectacles régressifs s'improvisent. Les fans hurlent en mode Spring Break. «Foncedé toute la night» chante Lorenzo, repris en chœur par les 3500 spectateurs présents vendredi soir à la Rockhal.
Il faut dire que le rappeur français est un ambianceur de première. Les codes du rap et les phases sont maîtrisés, les beats lourds n'hésitent pas à accélérer la cadence, à l'image de «Dans l'appart», hymne festif sans foi ni loi, duo avec Heuss L'enfoiré extrait de son dernier album, «Légende vivante», ou l'hédoniste et tragique «Amy Winehouse».
Membre du collectif rennais Columbine à l'origine, Jérémie Serrandour, de son vrai nom, s'est inventé un personnage. Fan de porno et des Pokémons, de drogues et de fiesta estudiantine, Lorenzo manie le politiquement incorrect. Véritable acteur, l'artiste de 28 ans alterne les rôles, du prophète de la weed («Fume à fond», «La Kush») au chasseur de fantômes («La Fantômerie»).
En sept années et quatre albums, l'autoproclamé «Empereur du sale» a enchaîné les disques de platine, créé sa propre légende en peaufinant les contours de son personnage. Sauf lorsqu'il tombe le masque et raconte un père violent, alcoolique et absent sur l'émouvant «Le Daron». Selon les dires de Lorenzo, «Légende vivante» est son dernier album, porté par une ultime tournée. Mais peut-on faire confiance à ce roi du marketing DIY et du quatrième degré?