DreamlinerLa batterie, talon d'Achille du Boeing 787
Les batteries ion-lithium du dernier gros porteur de la compagnie américaine ont connu une série d'incidents entraînant la décision de clouer au sol tous les «Dreamliner» 787.

Tous les appareils 787 Dreamliner de Boeing devaient être cloués au sol jeudi, dans le monde entier, sur recommandation des autorités américaines. Cette mesure, d'autant plus radicale que les investigations en cours pourraient prendre des semaines, fait suite à des incidents en cascade. La Federal Aviation Administration (FAA), l'autorité américaine en la matière, a expliqué que cette décision «d'urgence» avait été prise après les «incidents récents» rencontrés sur les batteries ion-lithium de ces appareils.
Ces accrocs ont entraîné «des fuites d'électrolytes inflammables, des émanations de chaleur et de la fumée». Ces éléments, «s'ils ne sont pas corrigés, pourraient entraîner des dégâts pour des systèmes et structures d'une importance capitale» pour l'appareil et un incendie potentiel dans le compartiment électrique, a précisé la FAA. L'Autorité européenne de sécurité aérienne (AESA) a appliqué cette directive américaine. Elle a décidé de clouer au sol les Boeing 787 Dreamliner opérés par des compagnies aériennes sur son territoire jusqu'à nouvel ordre.
Atterrissage en urgence
Au total, une cinquantaine d'appareils devaient ainsi être immobilisés dans le monde pour une durée indéterminée. Dans ses déboires, Boeing a reçu une manifestation de soutien de son concurrent européen Airbus: son PDG, Fabrice Brégier, a affirmé souhaiter «voir revoler bientôt le Dreamliner», à l'occasion de la présentation des résultats annuels du groupe à Toulouse. Airbus n'a «pas de raison de changer» l'architecture électrique de son futur A350 à ce stade, mais l'avionneur européen étudiera toute «recommandation» qui pourrait affecter son propre programme, a affirmé M. Brégier.
En Europe, seuls deux Boeing 787 sont pour l'instant opérés par la compagnie aérienne polonaise LOT. Celle-ci a prévenu que la réalisation de sa commande de six autres appareils dépendrait du traitement par le constructeur des défaillances qui l'affectent. Mercredi matin, un Dreamliner d'ANA a dû atterrir d'urgence à Takamastu (sud du Japon). Une alarme avait signalé la présence de fumée et une odeur forte à bord en provenance de la batterie.
(L'essentiel Online/ATS)