La Bavière inflige un camouflet à Merkel
Dimanche le Land le plus riche d’Allemagne a fait subir une défaite historique aux conservateurs de la CSU, alliée de la CDU de la chancelière Angela Merkel.

La CSU recueillerait 43,3% des suffrages, contre 60,7% en 2003, selon de premières estimations. (afp)
Depuis 46 ans, près d’un demi-siècle, la CSU détenait la majorité absolue dans cet État régional. C’est terminé depuis dimanche soir.
L'Union chrétienne-sociale (CSU), parti-frère bavarois de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel, recueillerait 43,3% des suffrages, contre 60,7% en 2003, selon de premières estimations diffusées à 16H45 GMT.
Le "meilleur" résultat du FDP
"Nous n'avons pas atteint notre cible", qui était de franchir la barre des 50%, a admis le chef des chrétiens-sociaux Erwin Huber, évoquant "un jour douloureux et difficile pour la CSU". Le chef du gouvernement régional sortant Günther Beckstein a évoqué "une décision difficile et pénible" des électeurs, qui va obliger la CSU à former une coalition pour continuer à gouverner. "Il va falloir avaler la pilule", a-t-il dit.
La CSU obtiendrait 87 sièges au parlement régional de ce riche Etat, contre 124 en 2003. Son futur partenaire de coalition pourrait être le Parti libéral FDP, qui revient au parlement de Bavière après 14 ans d'absence, avec 7,9% des suffrages (16 sièges), et/ou les "sans étiquette" qui obtiendraient plus de 10% des voix et 21 sièges. Le FDP s'est dit ouvert à des négociations avec la CDU. "C'est le meilleur résultat que notre parti ait jamais obtenu en Bavière", s'est félicité Guido Westerwelle, le président du parti.
Un jour noir pour la CSU
En revanche le parti social-démocrate (SPD), adversaire traditionnel des conservateurs mais leur partenaire dans le gouvernement de coalition au niveau fédéral, n'a pas profité de la dégringolade de la CSU, reculant à 18,7% des voix contre 19,1% en 2003 (38 sièges contre 41 en 2003).
"C'est un jour noir pour la CSU et une bonne journée pour la Bavière", a lancé quant à elle une responsable des Verts, Margarete Bause, dont la formation serait passée de 7,7% à 9% des suffrages.
lessentiel.lu avec AFP
Selon la plupart des commentateurs, c'est l'usure du pouvoir et la modernisation économique de ce Land longtemps très agricole, qui ont entraîné une désaffection des électeurs pour un système qualifié par les humoristes de "démocratie à parti unique". L'effondrement de la CSU pèsera à Berlin où la chancelière Merkel espère obtenir aux élections générales de l'automne 2009 une large majorité de droite et mettre fin ainsi à sa "grande coalition" avec les sociaux-démocrates.