La justice adore entendre Jacques Chirac

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La justice adore entendre Jacques Chirac

Pour la seconde fois, l'ancien président de la République, mis en examen pour «détournement de fonds», a été entendu mercredi par la juge chargée de l'enquête.

Cette audition au pôle financier du palais de justice de Paris a duré deux heures et demie et a porté sur l'organisation générale de la mairie de Paris qu'il a dirigée de 1977 à 1995, a précisé l'avocat de l'ancien président Me Veil, confirmant une information du journal Le Parisien.

Jacques Chirac a été mis en examen le 21 novembre par la juge Xavière Simeoni pour "détournement de fonds publics" dans cette affaire d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris avant 1995 au bénéfice de proches du RPR.

Cette seconde audition "a permis d'achever l'examen des structures et des rouages de la mairie", a déclaré l'avocat. "L'examen des cas individuels des chargés de mission devrait intervenir au cours du premier semestre de l'année 2008", a-t-il ajouté. Selon Me Veil, 35 contrats suspects sont visés dans la mise en examen, "dont certains de moins d'un trimestre" alors qu'il y avait en permanence "plus de 300 chargés de mission" affectés à la mairie de Paris.

L'instruction menée par Xavière Simeoni concerne une période courant de 1983 à 1998, soit du début du second mandat de Jacques Chirac à la mairie de Paris aux trois premières années du mandat de Jean Tiberi à la tête de la municipalité.

Lors de son audition, l'ancien président "a confirmé en tout point les explications rappelées par les anciens directeurs de cabinet dans la lettre conjointe qu'ils ont adressée au juge d'instruction le 7 novembre", a par ailleurs affirmé Me Veil.

Dans ce courrier, quatre directeurs de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris entre 1983 à 1998, et Bernard Bled (ex-directeur de cabinet du successeur de M. Chirac, Jean Tiberi), tous mis en examen dans cette affaire, soutiennent que leurs "attributions en matière de recrutement de chargés de mission étaient purement formelles".

Dans cette lettre, Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled expliquent qu'à l'exception de quelques collaborateurs qu'ils recrutaient personnellement, ils ne pouvaient en aucun cas ordonner "de procéder à un recrutement de chargé de mission".

Pour M. Chirac, "il n'y a aucun détournement de fonds publics, puisque ces emplois (de chargés de mission, ndlr) étaient nécessaires au bon fonctionnement de la ville de Paris, et qu'ils ont été autorisés par délibération votée par le conseil de Paris".

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