Au LuxembourgLa pandémie fait chuter les demandes d'asile
LUXEMBOURG - Le nombre de demandes de protection internationale a été divisé par deux en un an. Seules les personnes originaires des pays en guerre arrivent dans le pays.

Seules 67 demandes de protection internationale ont été introduites au mois de janvier 2021, soit quatre fois moins qu'en janvier 2016.
AFP/Matthew MirabelliAu mois de janvier 2016, 265 demandes de protection internationale étaient adressées au Luxembourg. Réfugiés de guerre syriens, personnes originaires des Balkans, le Luxembourg faisait face, comme de nombreux pays d'Europe, à un afflux de migrants sur son territoire. Cinq ans plus tard, la situation a bien changé, et seules 67 demandes étaient introduites au mois de janvier 2021. Soit quatre fois moins.
Si la situation géopolitique n'a pas sensiblement évolué dans les zones de départ concernées, le contexte n'est plus le même non plus et la pandémie a profondément ralenti les flux migratoires. C'est en tout cas l'interprétation de la direction de l'Immigration qui explique à L'essentiel que «la baisse du nombre des demandes d’asile s’explique effectivement par la crise sanitaire et la pandémie qui ont touché le monde en 2020».
Les Syriens en tête, les Balkans absents
Entre 2019 et 2020, le nombre de demandes de protection internationale a été presque divisé par deux (2 048 en 2019 et 1 167 en 2020). Un ralentissement qui devrait se poursuivre cette année. 132 requêtes ont été adressées au Luxembourg depuis le début de l'année. Deux fois moins qu'en 2020, à la même période.
Moins de migrants donc, mais des demandeurs d'asile originaires de pays en guerre ou en proie à des régimes autoritaires, toujours prêts à braver la pandémie dans l'espoir d'une vie meilleure. Sur les 65 demandes du mois de février, plus des trois quarts émanaient de cinq pays: la Syrie (38 personnes), l'Érythrée (36), l'Afghanistan (12), l'Irak (7) et le Soudan (7). Particulièrement importantes dans l'histoire récente du Luxembourg, les demandes d'asile de personnes originaires des Balkans ne sont même plus mentionnées dans le dernier rapport statistique.
À noter que cette évolution à la baisse a également un impact sur les retours de demandeurs de protection internationale dans leur pays d'origine ou dans un autre pays. Alors que le Luxembourg enregistrait jusqu'à une cinquantaine de retours en 2016, 13 retours ont été effectués en janvier et seulement 3 en février. Sur ces 16 départs, 9 sont des «retours forcés».
(Thomas Holzer/L'essentiel)