Commerce – Le Canada et les Etats-Unis ont trouvé un accord

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CommerceLe Canada et les États-Unis ont trouvé un accord

Peu avant la date butoir fixée par Washington, Américains et Canadiens sont parvenus à un accord sur la réforme du traité commercial Aléna, qui date de 1994.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer, ont trouvé un accord.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer, ont trouvé un accord.

AFP/Peter Mccabe

«Le Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord de principe, de concert avec le Mexique, sur un nouvel accord commercial moderne et adapté aux réalités du XXIe siècle», ont annoncé la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer.

L'Aléna devient «l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC)», «un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région», ont déclaré Ottawa et Washington dans un communiqué conjoint émis à 23h30 locale (5h30 au Luxembourg lundi), une demi-heure avant la date-butoir imposée par Donald Trump. «L'accord renforcera la classe moyenne et créera de bons emplois bien rémunérés ainsi que de nouvelles opportunités pour près de 500 millions de personnes qui vivent en Amérique du Nord», ont assuré Mme Freeland et M. Lighthizer.

«C'est une bonne journée pour le Canada»

Leurs équipes menaient un marathon de négociation depuis début septembre, après avoir entamé les discussions sur une refonte de l'Aléna, imposée par le président américain, il y a plus d'un an. Les discussions, à distance cette fois, s'étaient intensifiées lors de l'ultime week-end, et la diplomate canadienne et l'USTR ont tenu «à remercier le ministre mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo, pour sa collaboration solide au cours des 13 derniers mois». Washington et Mexico s'étaient entendus sur les termes d'un nouvel Aléna fin août, ce qui avait accru la pression sur les épaules du Premier ministre, Justin Trudeau.

Le chef de gouvernement libéral jouait gros un an avant des élections législatives incertaines. «Nous sommes impatients de resserrer encore davantage les liens économiques étroits qui nous unissent lorsque ce nouvel accord sera mis en œuvre», ont déclaré les gouvernements canadien et américain. M. Trudeau avait convoqué en urgence, en soirée, ses ministres pour une réunion de cabinet exceptionnelle, consacrée à ce dossier ultrastratégique. À sa sortie, le dirigeant libéral s'est engouffré dans une voiture sans répondre aux questions des nombreux journalistes qui l'attendaient, mais a concédé: «C'est une bonne journée pour le Canada». Il a expliqué que les détails de l'accord seraient dévoilés lundi matin.

Élection à risque pour Trudeau

L'Aléna, un accord trilatéral liant les États-Unis, le Mexique et le Canada depuis 1994, était une des bêtes noires du président Donald Trump, qui l'accuse d'avoir causé la perte de millions d'emplois américains, notamment dans l'industrie automobile. Le président américain avait répété ses critiques contre l'Aléna samedi devant ses partisans en Virginie occidentale, soulignant que le nouvel accord conclu avec le Mexique était «un bon accord pour les deux pays». Plusieurs dates-butoir étaient déjà passées sans conclusion.

Cette percée intervient quelques heures avant que quelque huit millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau. Les libéraux, au pouvoir depuis quinze ans, pourraient en effet être battus par la Coalition avenir Québec (CAQ).

(L'essentiel/afp)

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