Le Daft Punk de la haute couture
Couturier parmi les plus secrets de la
planète, le Belge Martin Margiela expose de plus en plus ses créations et devrait lancer un parfum.
Encore plus anonyme que le groupe de musique électronique Daft Punk, dont les membres cachent leur visage derrière des casques de moto, le couturier Martin Margiela ne se laisse pas photographier et ne donne pas d’interviews. Son visage est inconnu du grand public et ses défilés ont lieu dans des lieux impersonnels, tels des terrains vagues, des stades de foot, des tentes de cirque ou des stations de métro.
Les mannequins, en général des inconnues recrutées dans la rue, défilent le visage masqué par un foulard, un bas, des cheveux ou de la peinture noire, raconte «Next», supplément du quotidien «Libération». Les boutiques, qui se multiplient depuis sa reprise en 2003 par le groupe Diesel, sont minimalistes et sans enseigne.
Longtemps, ses étiquettes sont restées blanches, sans logo. Les collections portent de simples numéros. Après avoir travaillé avec Jean-Paul Gaultier, ce designer belge a lancé sa maison en 1988. Aujourd’hui, ce créateur atypique est encensé par ses pairs et par les magazines de mode. Les musées lui consacrent des expositions, comme le Musée de la mode, à Anvers, jusqu’au 8 février. Le couturier s’apprêterait aussi à lancer un parfum.
Margiela recycle vêtements et matériaux sans grande valeur. Il est ainsi capable de transformer de vieilles chaussettes militaires en pull. Il détourne les matières, comme ce sac de voyage devenu veste. Avec du vieux, il fait de l’ultrachic.