Après l'incendie du camp – Le Luxembourg accueillera des jeunes migrants

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Après l'incendie du campLe Luxembourg accueillera des jeunes migrants

LUXEMBOURG/LESBOS - Dix pays européens, dont le Luxembourg, accueilleront en tout 400 mineurs issus du camp de Moria, victime d'un incendie.

L'incendie du camp de Moria laisse 12 000 demandeurs d'asile dans le plus grand dénuement.

L'incendie du camp de Moria laisse 12 000 demandeurs d'asile dans le plus grand dénuement.

AFP/Angelos Tzortzinis

Dix pays de l'Union européenne, dont le Luxembourg, vont accueillir quelque 400 migrants mineurs non accompagnés, évacués de l'île grecque de Lesbos, après l'incendie gigantesque du camp de réfugiés de Moria, a annoncé vendredi le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer. «Nos contacts avec les pays membres de l'Union européenne ont conduit à ce que dix pays membres participent au transfert», a-t-il affirmé à Berlin, précisant que l'Allemagne et la France prendraient en charge chacune 100 à 150 de ces enfants.

Contacté par L'essentiel, le ministère des Affaires étrangères confirme cet accueil, mais ne peut pas encore donner de délais ni le nombre de jeunes qui viendront. Les 400 mineurs non accompagnés ont déjà été transférés en Grèce continentale après l'incendie qui a ravagé le camp insalubre et surpeuplé, et laissé les plus de 12 000 personnes qui y vivaient dans le plus grand dénuement. «Nous sommes en discussion avec d'autres pays» de l'UE pouvant accueillir ces enfants, a précisé M. Seehofer au cours d'une conférence de presse avec le commissaire européen aux Migrations, Margaritis Schinas, qui participait par vidéo depuis Athènes.

«Nous avons besoin de solidarité»

Les Pays-Bas avaient proposé jeudi de prendre en charge une centaine de migrants, pour moitié mineurs. Parmi les autres pays qui vont accueillir un petit nombre d'enfants figurent la Finlande, la Belgique, la Slovénie, la Croatie, le Portugal mais aussi en dehors de l'UE, la Suisse, selon les précisions du ministre. Ils seront accueillis en Allemagne «d'ici la fin septembre», a indiqué le ministre conservateur.

«Moria est un rappel sévère à tous les membres de l'UE de ce que nous avons besoin de changer en Europe», a jugé M. Schinas, qui devait ensuite s'entretenir avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, avant de se rendre à Lesbos, où des milliers de demandeurs d'asile ont passé leur troisième nuit dehors, parfois sans couverture, campant sur les trottoirs. «Nous avons besoin d'une solidarité dans la politique migratoire» de l'UE, a-t-il ajouté.

Le drame de Moria a relancé le débat sur l'accueil des demandeurs d'asile en Europe, au sujet duquel les pays de l'UE se déchirent. La Commission européenne doit présenter à la fin du mois une proposition très attendue, et plusieurs fois repoussée, d'un nouveau Pacte sur la migration et l'asile. La réforme a jusqu'à présent achoppé sur la question de la répartition des demandeurs d'asile, que refusent de se voir imposer des pays comme la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie notamment.

(L'essentiel/afp)

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