Migrants au LuxembourgLe nombre de demandes d'asile reste élevé
LUXEMBOURG – Le ministre LSAP des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a dressé lundi le bilan de la politique migratoire du Luxembourg.

Jean Asselborn a dressé le bilan de la politique d'asile du Luxembourg.
Julien GarroyLe Luxembourg continue à recevoir de nombreuses demandes de protection internationale. Si le nombre a légèrement diminué par rapport aux années précédentes, «il reste élevé, c’est à peu près le double par rapport à 2014», a indiqué lundi Jean Asselborn (LSAP), ministre des Affaires étrangères, en dressant le bilan de la politique migratoire pour l'année 2019.
Au total, 2 047 demandes ont été adressées l’an dernier, contre 2 206 en 2018 et 1 091 en 2014. Près du quart de ces demandes émanent de ressortissants érythréens. Viennent ensuite les Syriens (14%), les Afghans (7,9%) et les Irakiens (5,4%). Le ministère note une poussée significative du Venezuela, qui fait une entrée dans ce classement, avec 64 demandes (3,1%). Le pays a connu une crise économique et politique en 2019. Sur les demandes étudiées l’année dernière (parfois instruites les années précédentes, certains cas remontant à 2015), moins d’un tiers (30,3%) ont débouché sur la reconnaissance du statut de réfugié, tandis que 1,9% des personnes se sont vu attribuer un statut intermédiaire, de protection subsidiaire.
«Le problème est souvent la langue»
Les structures d’accueil du Luxembourg hébergent actuellement 3 800 personnes. «Nous sommes en train de discuter avec des communes, comme Käerjeng et Wasserbillig» pour en créer de nouvelles, explique Jean Asselborn. Il rappelle que «l’État paie tout, il a simplement besoin que les communes mettent à disposition une surface de dix ares». Pour l’instant, 32 d’entre elles jouent le jeu. Des projets avancent, «certains devraient se concrétiser d’ici l’année prochaine». Subsistent parfois «des problèmes d’intégration», reconnaît le ministre, qui veut aider le plus possible de migrants à travailler dans le pays. «Le problème est souvent la langue. Pour avoir une chance sur le marché de l’emploi, il faut, je pense, apprendre le français. Ce qui n’est pas toujours évident».
La politique migratoire a bien sûr été au cœur de débats houleux au niveau européen, Jean Asselborn s’étant notamment écharpé avec l’Italien Matteo Salvini, alors ministre de l’Intérieur, lâchant son fameux «merde alors!». «La nouvelle commissaire européenne Ilva Johansson veut présenter un projet de réforme de l’asile en mars. Mais il ne faut pas se faire d’illusion, de plus en plus de pays assimilent immigration à insécurité», regrette le Luxembourgeois. Il vise le groupe de Visegrad, mais pas seulement. Il a notamment vertement critiqué le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, accusé de vouloir «laisser les gens périr en mer». «Il n’a rien compris à l’Europe et à l’humanisme, c’est grave».
(Joseph Gaulier/L'essentiel)