Otage de l'Etat islamique – «Le plus dur est de ne pas savoir et d'espérer»

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Otage de l'État islamique«Le plus dur est de ne pas savoir et d'espérer»

Peter Kassig, retenu par les jihadistes, a confié à ses parents dans une lettre datée de juin qu'il a «peur de mourir» entre les mains de l'État islamique (EI), a annoncé lundi sa famille.

«Si je meurs, je pense que nous, vous et moi, pourrons trouver du réconfort en pensant que je suis parti (en Syrie) pour tenter d'alléger les souffrances et aider ceux qui sont dans le besoin», assure Peter Kassig, dans une lettre envoyée à ses parents.

«Si je meurs, je pense que nous, vous et moi, pourrons trouver du réconfort en pensant que je suis parti (en Syrie) pour tenter d'alléger les souffrances et aider ceux qui sont dans le besoin», assure Peter Kassig, dans une lettre envoyée à ses parents.

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Dans une vidéo, les parents de l'otage ont imploré ce week-end les ravisseurs de libérer leur fils. Les jihadistes ont présenté l'otage comme leur prochaine victime. «J'ai évidemment peur de mourir, mais le plus dur est de ne pas savoir, de se poser des questions, d'espérer et de se demander si je peux même espérer quoi que ce soit. Je suis très triste que tout cela ce soit produit et de ce que vous endurez à la maison à cause de cela», écrit Peter Kassig dans sa lettre. «Si je meurs, je pense que nous, vous et moi, pourrons trouver du réconfort en pensant que je suis parti (en Syrie) pour tenter d'alléger les souffrances et aider ceux qui sont dans le besoin», selon les termes de sa lettre.

La missive de Peter Kassig évoque également sa conversion à l'Islam durant sa captivité, qui selon ses parents, Ed et Paula Kassig, s'est faite volontairement entre octobre et décembre 2013 au moment où il partageait une cellule avec un croyant musulman syrien. Les parents de l'otage ont également fait savoir que leur fils avait fait le ramadan en juillet et août 2013 avant son enlèvement, leur faisant part «du grand impact de cette pratique spirituelle sur lui». Peter Kassig a pris le nom musulman d'Abdul-Rahman, et il respecte les pratiques de la religion musulmane, comme les cinq prières quotidiennes, selon sa famille. «Nous comprenons que cela s'inscrit dans le long voyage spirituel de notre fils», ont écrit ses parents.

«Nous continuons à demander au gouvernement (NDLR: américain) de cesser ses actions (militaires en Irak et en Syrie) et nous continuons à appeler les ravisseurs (de notre fils) à faire preuve de pitié et de le libérer», écrit la famille de l'otage en dévoilant de larges extraits de la lettre de leur fils datée du 2 juin dernier. Âgé de 26 ans, Peter Kassig, ex-combattant en Irak, est apparu à la fin d'une vidéo de l'EI publiée vendredi dernier qui montrait la décapitation de l'humanitaire britannique Alan Henning. Tous les otages menacés à la fin de vidéos identiques ont été assassinés. Originaire de l'Indiana, dans le nord-est des États-Unis, Peter Kassig a fondé l'organisation humanitaire «Special Emergency Response and Assistance» (Sera) en 2012 après avoir quitté l'armée américaine.

(L'essentiel/AFP)

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