The Lumineers«Le succès s’est invité dans nos vies»
ESCH-BELVAL - Le groupe pop-folk américain sera la tête d’affiche du Sonic Visions 2016, prévu de ce jeudi à samedi, à la Rockhal.

L’essentiel: Vous avez connu un énorme succès avec votre premier album et le morceau «Ho Hey». Comment l’avez-vous géré?
Jeremiah (batteur): Je crois que c’est le succès qui s’est invité dans nos vies. Nous avons fait au mieux pour nous adapter, mais la façon dont nos vies ont changé est assez dingue. Notre monde a été chamboulé, pour le meilleur et pour le pire. Et heureusement pour nous, nous étions dans la trentaine lorsque cela nous est tombé dessus.
Et comment avez-vous abordé le syndrome du second album?
À la base, ce second album ne s’annonçait pas au mieux. Nous avions eu tellement de temps pour composer le premier, et si peu pour celui-ci. C’était un peu effrayant. Wes et moi avons commencé à écrire, et lorsque nous avons terminé la chanson «Ophelia», tout est alors devenu plus facile.
Avez-vous modifié votre manière d’écrire?
Non, c’est justement l’une des choses que nous avons essayé de conserver telle quelle. Nous procédons de manière assez simple. Nous partons d’un piano acoustique, Wesley est à la guitare. La batterie est en retrait car chez Lumineers, il est avant tout question de mélodie. Et nous voulions procéder de nouveau ainsi, car cela nous réussit.
Après trois années de tournée, avez-vous pu trouver un peu de temps pour vous?
Pas vraiment. Nous avons achevé la précédente tournée en décembre 2014, à peine le temps de passer Noël en famille et nous avons directement enchaîné en janvier 2015 avec l’écriture de l’album. Celle-ci nous a pris six mois, puis nous sommes allés quarante-quatre jours en studio pour le mixage et le mastering. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous, mais ça nous va.
«Cleopatra» semble être plus personnel
D’une certaine manière, oui. Mais il est surtout rempli d’histoires. Elles étaient déjà présentes sur le premier, mais «Ho Hey» a éclipsé le reste de l’album. Sur le nouvel album, le morceau «Cleopatra» raconte par exemple l’incroyable histoire d’une conductrice de taxi. Il y a également une part d’autobiographie. Je crois que Wesley est un fabuleux conteur.
Comment se fait le choix des singles?
C’est toujours assez curieux. Pour le premier album, je n’aurais jamais cru que «Hey Ho» serait un tel hit. Des gens du label et des radios, et notre manager se réunissent et décident quel titre fera un bon single. Pour nous, c’est aussi difficile que pour des parents de devoir choisir un de ses enfants!
Vous avez débuté la nouvelle tournée en avril. Comment se passe-t-elle jusqu’à présent?
Ça a été fantastique. Au fur et à mesure, je pense que le public peut davantage apprécier, après avoir eu le temps d’écouter et de connaître l’album. Désormais, les gens comprennent mieux le disque. Du coup, je me sens un peu mal par rapport aux gens qui nous ont vus au tout début de la tournée, car ils n’ont pas eu cette opportunité.
Nous aurons cette chance au Luxembourg. Avez-vous apporté des changements par rapport à la précédente tournée?
Oui, nous sommes plus nombreux sur scène. Nous avons un bassiste, Byron Isaacs, qui chante aussi. C’est un fabuleux musicien. Au total, nous sommes cinq ou six sur scène désormais.
Recueilli par Cédric Botzung
Le programme du Sonic Visions
L’édition 2016 débute jeudi soir avec les Luxembourgeois When Airy Meet Fairy, Ice in My Eyes et Rome, et les Français M.A Beat! Vendredi, les locaux No Metal in This Battle et Napoleon Gold seront à l’honneur, ainsi que les Allemands Romn et la chanteuse des îles Féroé Eivør. Samedi, quatre scènes accueilleront 17 groupes. Parmi les temps forts, The Lumineers, Jake Bugg et Dream Catcher se produiront dans la Box, Edsun et BRNS au Club, Tuys et Nao au Rockhalcafé et Scarlet Anger sur la Furnace Stage, une scène 100% metal.