Drame en Inde: «Les autorités sont responsables de cette tragédie»

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Drame en Inde«Les autorités sont responsables de cette tragédie»

Mardi, les recherches se poursuivaient pour tenter de retrouver des victimes de l’effondrement d’un pont en Inde, alors que des voix s’élèvent pour dénoncer les autorités.

Les recherches se poursuivaient mardi.

Les recherches se poursuivaient mardi.

AFP

Les opérations de recherches ont repris mardi matin en Inde et le Premier ministre Narendra Modi est attendu sur place, deux jours après l’effondrement d’un pont piétonnier récemment rénové qui a causé la mort de plus de 130 personnes. «C’était le chaos», a raconté à l’AFP Rafiq Gaffar, 45 ans, «les gens pleuraient et se lamentaient… C’était une scène de fin du monde».

Neuf personnes ont été arrêtées après la tragédie survenue dimanche soir quand les câbles du pont suspendu ont cédé subitement. Les autorités ont évalué à 500 le nombre des personnes qui célébraient les fêtes de Diwali sur ce pont. La mort de 134 personnes dans la catastrophe, dont 47 enfants, a été confirmée, a déclaré à l’AFP Rahul Tripathi, commissaire de police à Morbi, où s’est produite la catastrophe.

Les recherches se poursuivent

Morbi est située à environ 200 kilomètres à l’ouest d’Ahmedabad, principale ville de l’Etat du Gujarat, dont est originaire le Premier ministre indien. Un précédent bilan, qui donnait 137 morts à la suite d’une confusion lundi, a été revu à la baisse. «La majorité des victimes sont mortes sur le lieu de l’accident et il y a eu quelques décès à l’hôpital», a précisé le policier mardi.

Mardi, les sauveteurs patrouillaient encore à bord de bateaux pneumatiques sur la rivière. «Nous n’avons pas encore mis fin aux opérations de recherches, car nous craignons qu’il reste des victimes dont les proches ne savent pas où elles se trouvent et ne nous ont pas encore contactés», a-t-il expliqué.

Des «corps flottaient partout»

Le soir de la catastrophe, selon des images de télésurveillance, la structure s’est balancée avant de céder, précipitant des dizaines de personnes dans la rivière. «Nous nous tenions tous ensemble sur le pont quand il a violemment été secoué et s’est soudainement écrasé. J’ai entendu des cris et un bruit sourd, puis le silence s’est installé. Ensuite, lentement, des cris et des pleurs» ont commencé à se faire entendre, a raconté à l’AFP Madhvi Ben, une survivante de 30 ans.

Une de ses jambes s’était «empêtrée dans un câble en acier», le corps presque entièrement plongé sous l’eau. «J’ai réussi à me bloquer le nez, à me hisser et à libérer ma jambe du fil. J’ai attrapé un autre câble et j’ai escaladé ce qu’il restait du pont», poursuit-elle. «Il y avait des corps qui flottaient partout sur les eaux et des personnes coincées sur le pont qui appelaient désespérément au secours», se rappelle Rafiq Gaffar.

Homicides involontaires

Les rénovations du pont auraient été effectuées par le groupe local Oreva, dont l’expertise porte notamment sur les horloges et les vélos électriques. Mercredi dernier, jour de la réouverture du pont au public, Jaysukh Patel, président d’Ajanta Manufacturing, une entreprise du groupe, avait déclaré que le pont pourrait aisément tenir encore une quinzaine d’années.

Sandeepsinh Jhala, à la tête de la municipalité de Morbi, a indiqué lundi qu’aucun certificat de conformité n’avait été délivré avant sa réouverture au public. Lundi soir, la police a annoncé avoir arrêté neuf personnes, inculpées d’homicides involontaires, dont deux directeurs d’Oreva, deux sous-traitants et également deux vendeurs de billets d’accès au pont, accusés d’en avoir trop vendu et d’avoir ainsi provoqué la surcharge du pont.

«Nous n’oublierons jamais cette nuit»

Trois agents de sécurité ont également été arrêtés, «car ils n’ont pas réussi à gérer la foule sur le pont», a précisé lundi soir à la presse un haut responsable de la police, Ashok Yadav. «Au fur et à mesure que l’enquête progresse, les noms d’autres personnes associées au groupe Oreva seront également arrêtées», a déclaré Ashok Yadav. Il a ajouté qu’une équipe d’enquête spéciale (SIT) a été formée pour enquêter sur les aspects de la maintenance et de la sécurité structurelle du pont.

Au crématorium de Morbi lundi, Puneet Pitroda, un négociant de textiles de 35 ans, pleurait son frère et sa belle-soeur, dont les corps ont été repêchés dans la rivière. «Les autorités sont entièrement responsables de cette tragédie», a-t-il déclaré à l’AFP, «elles ont permis à des centaines de personnes de se rassembler sur ce pont qui ne pouvait en accueillir qu’un nombre limité». Et d’ajouter: «Nous n’oublierons jamais cette nuit».

(AFP)

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