75 ans au LuxembourgLes CFL racontés «à travers les cheminots»
LUXEMBOURG - Une exposition virtuelle retrace avec émotion les 75 ans des Chemins de fer luxembourgeois.
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Grâce à cette exposition virtuelle, vous allez pouvoir vous replonger dans l'histoire des CFL, de 1946 à 2021.
CFL75.LuUn travail de titan! Durant trois ans, en tant que consultant, le réalisteur François Hausemer s'est dépensé sans compter pour mettre en forme, dans une exposition digitale, l'histoire des Chemins de fer luxembourgeois (CFL), de 1946 à 2021. «Ce que je vais tout d'abord retenir, c'est l'humanité des gens», nous a-t-il confié. «J'ai eu plein de bonnes surprises à tous les niveaux. De la direction au président du conseil d'admnistration en passant par les gens qui travaillent sur le terrain. J'ai essayé de comprendre les CFL et ma curiosité a vraiment été satisfaite».
Fier de cette exposition digitale et de son côté «moderne», Mac Wengler, directeur général des CFL, a rapellé que c'était un travail de longue haleine. «Le résultat est formidable», se félicite-t-il, «c'était un sacré travail de recherche et de composition. Et c'est surtout raconté à travers des cheminots actifs ou déjà en retraite. Ils ont témoigné de leurs métiers, d'événements charnières vécus par les CFL. Il y a de l'émotion et c'est ça qui est particulièrement intéressant dans cette exposition. C'est raconté par des personnes et c'est associé à des images d'archives. C'est très vivant et on espère que le grand public va apprécier les trois grands chapitres en naviguant à volonté en fonction des intérêts».
«Pour comprendre les CFL aujourd'hui, il faut connaître l'histoire»
Comment convaincre celles et ceux qui n'apprécient pas forcément le transport ferroviaire de s'intéresser à cette exposition intitulée «75 ans en mouvement»? «Ce qui est intéressant quand on traverse cette exposition digitale», relève François Hausemer, «c'est de voir à quel point les CFL font partie de la société luxembourgeoise. Des milliers d'agents luxembourgeois ont travaillé dans cette société. Ils y ont gagné leur pain et ils y ont donné leur santé. Dans les films historiques, on se rend bien compte que les métiers étaient très durs, très physiques. Ils ont fait avancer tout le pays».
Directeur général des CFL depuis mars 2014, Marc Wengler nous a également confié avoir appris de nombreuses choses sur son entreprise grâce à cette exposition digitale. «Pour chaque histoire, pour chaque organisation, l'histoire est très importante», souligne-t-il. «Pour comprendre ce que les CFL sont aujourd'hui, il faut connaître cette histoire. Notre société est imprégnée de certains événements. Ce qui m'a particulièrement plu, c'est l'aspect concurrentiel. Même avant la libéralisation du rail, on constatait dans les années 70, avec le tout à la voiture, que le train avait déjà de la concurrence. Autre événement, dans les années 80, on se posait la question de maintenir la ligne du Nord. Certains voulaient la condamner, alors qu'aujourd'hui, c'est inimaginable. Notre histoire n'est pas linéaire, elle est remplie de hauts et de bas».
«Sans être un spécialiste de cette technologie, grâce à cette exposition, on va pouvoir apprendre plein de choses sur les coulisses du ferroviaire», avance François Hausemer. «Même si on n'est pas un fanatique des trains, ce que je ne suis pas, non plus. Les tournages ont commencé il y a un peu plus de deux ans. On a obtenu 80 heures de rushes et on a eu 80 jours de montage. On a dû faire des choix pour savoir comment raconter une histoire accessible à tout le monde. Le sous-titrage en français permettra également aux francophones d'écouter le son original en luxembourgeois, tout en ayant la traduction».
Après avoir débuté sa carrière dans le privé, Marc Wengler reconnaît que sa vision des choses a changé depuis son arrivée. «J'ai tout de suite été fasciné par l'attitude du cheminot par rapport à son métier», se souvient-il. «Il faut se rappeler que lors des moments difficiles, ce sont les cheminots qui sont allés dans la rue pour maintenir la ligne du Nord. Quand on a parlé de la tripartite, avec la libéralisation du fret ferroviaire, ce sont les cheminots qui ont redéfini leur futur en essayant de convaincre les politiques et leur client principal, Arcelor Mittal, de faire quelque chose ensemble pour se donner un nouvel élan. A posteriori, on voit aujourd'hui que c'est un véritable succès. L'émotion des cheminots par rapport à leur métier me fascine».
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(Frédéric Lambert/L'essentiel )