Fuyard Bonnevoie/Policier tué – «Les citoyens ont le droit d'en savoir davantage»

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Fuyard Bonnevoie/Policier tué«Les citoyens ont le droit d'en savoir davantage»

LUXEMBOURG - Le mutisme du parquet sur les affaires de Bonnevoie et de Lausdorn suscite l'interrogation des députés, notamment du CSV.

Le 11 avril, un policier avait abattu un automobiliste en fuite. Depuis, son arme a été saisie et le policier est affecté à une tâche de bureau.

Le 11 avril, un policier avait abattu un automobiliste en fuite. Depuis, son arme a été saisie et le policier est affecté à une tâche de bureau.

Le 11 avril, dans le quartier de Bonnevoie, un jeune fonctionnaire de police avait dû faire usage de son arme pour stopper un automobiliste. Le 14 avril, un policier perdait la vie à Lausdorn, lors de la collision de deux véhicules de police qui tentaient d’intercepter un conducteur.

Deux mois et demi plus tard, le parquet assure que «l’instruction se poursuit». Les députés de la Chambre, eux aussi, s'interrogent sur le mutisme du parquet. Le 19 avril dernier, la fraction CSV a demandé la convocation conjointe des commissions de la Force publique et juridique en présence des ministres de la Sécurité intérieure, Étienne Schneider, et de la Justice, Félix Braz. En vain!

«Nous reviendrons à la charge»

Dans un courrier du 8 juin, les deux ministres précisent que «seul le procureur général de l’État ou le procureur d’État peut rendre publiques des informations sur le déroulement d’une procédure». De son côté, le procureur général d'État est clair: «En vertu du principe de séparation des pouvoirs, il ne nous appartient pas de communiquer sur des instructions en cours», rappelle-t-il.

S’il ne nie pas ce principe, Laurent Mosar, député CSV, se met à la place des citoyens qui attendent des explications. «Je m’interroge sur la stratégie de communication du parquet. Cela ne se passe pas comme ça ailleurs. Les députés, comme les citoyens, ont le droit d'en savoir davantage. Nous reviendrons à la charge». Marc Baum, député déi Lénk, enchaîne: «La police a beaucoup communiqué au début, mais depuis, c'est silence total», déplore-t-il.

(Gael Padiou/ L'essentiel)

Ce que l'on sait sur les deux affaires

Difficile d'obtenir des informations sur Bonnevoie et Lausdorn. Pascal Ricquier, le président du Syndicat national de la police grand-ducale du Luxembourg, précise que le fonctionnaire de police, qui a abattu le fuyard le 11 avril, n'est plus sur le terrain. «Son arme a été saisie et il travaille dans un bureau le temps de l'enquête. De plus, il a pris un avocat», dit-il. Le président du SNPGL n'en sait pas plus sur l'identité de la victime, un Néerlandais de 51 ans, qui était connu des services de police. «Avec la protection des données, c'est plus difficile d'avoir accès au fichier». Quant à l'affaire de Lausdorn, le parquet a précisé qu'un expert allemand en automobile avait été missionné.

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