Nature – Les glaciers des Alpes menacés

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NatureLes glaciers des Alpes menacés

Selon deux études, le réchauffement de la planète condamne à moyen et à long terme
trois quarts des glaciers des Alpes et Antarctique d'ici 2020.

Une vue du glacier de l'Aletsch, le plus large des Alpes, situé dans le Valais, au sud de la Suisse. (AFP)

Une vue du glacier de l'Aletsch, le plus large des Alpes, situé dans le Valais, au sud de la Suisse. (AFP)

Le changement climatique pourrait entraîner la disparition de trois quarts des glaciers des Alpes d'ici à 2100 et, dans un scénario encore plus pessimiste, d'une partie de l'Antarctique d'ici à l'an 3000, faisant monter le niveau des mers de 4 mètres.

Publiées par la revue «Nature Geoscience», deux études mettent en valeur deux des aspects les moins bien connus du changement climatique: son effet sur les glaciers et son impact à très long terme. La première étude estime que les glaciers de montagne vont perdre de 15 à 27 % de leur volume d'ici à 2100. Ce qui «pourrait avoir des effets substantiels sur l'hydrologie régionale et la disponibilité des ressources en eau», avertit-elle.

Aussi, les Alpes pourraient perdre 75 % en moyenne (entre 60 et 90 % en fonction de la marge d'erreur) de leurs glaciers.

Cette fonte devrait entraîner une hausse du niveau de la mer de 12 cm en moyenne d'ici à la fin du siècle, ajoute cette étude. Ce chiffre ne prend pas en compte la dilatation des océans quand ils se réchauffent. Les géophysiciens Valentina Radic et Regine Hock de l'Université d'Alaska ont réalisé leurs calculs à partir d'un modèle informatique basé sur des données récoltées sur plus de 300 glaciers entre 1961 et 2004.

Ce modèle ne prend cependant pas en compte les calottes glacières de l'Antarctique et du Groenland, qui comprennent 99 % de l'eau douce de la planète. Si l'une des deux devait fondre de façon significative, le niveau des océans augmenterait de plusieurs mètres, noyant inexorablement un grand nombre de villes côtières. Avec la partie occidentale de l'Antarctique, le chiffre serait de 4 mètres.
Ce scénario catastrophe émerge de la seconde étude réalisée par l'Université de Calgary au Canada, qui s'intéresse à l'inertie des gaz à effet de serre (GES) qui, une fois émis, restent des siècles dans l'atmosphère.

Aussi, même si toutes les émissions de GES s'arrêtaient d'ici à 2100, le réchauffement de la planète se poursuivrait encore plusieurs siècles, selon l'étude. Celle-ci se base sur un scénario bien plus pessimiste que le premier en matière d'émissions de gaz à effet de serre, et qui prévoit une hausse de la température de 3,4°C d'ici à la fin du siècle. Dans cette situation, le réchauffement des profondeurs intermédiaires des mers australes pourrait entraîner un «large effondrement» de la partie occidentale de la calotte antarctique d'ici à l'an 3000.

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