Nicolas Schmit – «Les initiatives sociales doivent perdurer»

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Nicolas Schmit«Les initiatives sociales doivent perdurer»

LUXEMBOURG - Pour le ministre de l'Emploi, les légèretés de gestion des associations d'insertion doivent cesser.

Le ministre de l'Emploi n'exclut pas une reprise en main par l'État. (editpress)

Le ministre de l'Emploi n'exclut pas une reprise en main par l'État. (editpress)

L'essentiel: La débâcle financière d'Objectif Plein Emploi (OPE) pose-t-elle la question des contrôles?

Nicolas Schmit (ministre LSAP du Travail et de l'Emploi): Les initiatives sociales sont contrôlées, plus que par le passé. Le système permet d'avoir un budget plus précis, lié au nombre de chômeurs accueillis, avec des critères établis et des frais de fonctionnement. Les contrôles sont réalisés par le ministère et par des réviseurs internes. On a ainsi constaté que pour l'exercice 2012, OPE affiche 450 000 euros de trop perçu qu'il doit rembourser à l'État.

N'a-t-on pas tardé à réagir?

C'est grâce aux contrôles que l'on découvre cette situation. L'audit a montré un trou de 4,5 millions d'euros accumulé depuis six à sept ans. Alors qu'en 2012, le budget était de 23 millions d'euros, en 2011, idem, après une rallonge de 4,5 millions d'euros. Pour 2013, le conventionnement n'est que de six mois avec 12 millions d'euros, après on verra. Ce sont des sommes considérables pour lesquelles il faut rendre des comptes.

D'où viennent les dérives?

De la mise en place de structures surdimensionnées. Il y a eu un problème de gestion et je reconnais des contrôles insuffisants par le passé. Mais on a mis le doigt sur les problèmes et on va les régler. La question est de savoir si les gestionnaires d'OPE peuvent mener la réorganisation seuls. Je voudrais un conseil d'administration représentant plus les acteurs du terrain. La réorganisation doit se faire autour des centres d'initiative et de gestion, au niveau local (CIGL). Il est anormal que la centrale de Schifflange absorbe tout.

Les déconvenues d'OPE et de ProActif ne vous incitent-elles pas à dissoudre ces organisations et à reprendre la main?

Partir sur des bases nouvelles est une option. Que l'État reprenne la main, oui, mais les initiatives doivent perdurer. Je suis désolé que des gens perdent leur emploi, mais il est de la responsabilité de tout dirigeant de bien gérer. Il y a eu des légèretés qui ne doivent pas se reproduire.

Recueilli par Mathieu Vacon

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